Quand mon enfant sera-t-il continent ? Mon défi HNI

gens ne comprennent rien à l'hygiène naturelle infantile

Tous les parents se demandent un jour : « quand mon enfant sera-t-il continent ? ».

Si on pratique l’hygiène naturelle (HNI), on pourra apporter une réponse qui ne sera pas la même que si on lui met des couches jetables sans communication sur l’élimination et que l’enfant acquiert la continence de manière conventionnelle.

Comparons les deux modèles

Non, définitivement, ce n’est pas beau de comparer. Pourtant, tous les jours, je vois à quel point la pratique de l’HNI diffère de l’acquisition de la continence de manière classique. Et j’aimerai tant qu’un jour ce soit l’HNI qui soit classique, normale, conventionnelle.

Je ne veux pas comparer pour dire que l’HNI, c’est mieux (même si parfois, j’ai vraiment l’impression de faire mieux que les autres, j’avoue).

Dans mon métier d’assistante maternelle, j’ai accompagné beaucoup d’enfants dans ce chemin. Je leur ai mis des couches jetables sans communiquer sur leurs besoins d’élimination, en suivant la demande parentale.

quand mon enfant sera-t-il continent
Pexels

Avant d’avoir ma fille, je ne me posais pas vraiment la question d’un possible « faire autrement ». Puis, aux alentours de 2 ans et demi des enfants que j’accueillais, avant l’entrée à l’école, je les accompagnais dans l’apprentissage classique du pot, ou des toilettes, toujours en suivant les attentes des parents. Il y aurait beaucoup de choses à dire ou à redire sur les méthodes encore aujourd’hui employées. Sur la manière dont les enfants ressentent les choses.

Car, oui, nous pouvons y remédier.

Maintenant, je sais que l’HNI ne correspond pas avec le mode de vie que beaucoup choisissent. Je ne suis pas dupe. Ce qui m’ennuie, c’est les idées reçues qui vont avec. Et le fait que cela rebute beaucoup de parents alors qu’ils ne savent pas vraiment de quoi il peut s’agir, mais c’est une autre histoire.. !

La maturité sphinctérienne

Dans la pratique de l’HNI

Elle s’acquiert petit à petit en hygiène naturelle. Le parent satisfait les besoins d’élimination de l’enfant et, ce faisant, lui permet de conserver les sensations associées. La vessie se tonifie au fur et à mesure. Les sphincters se relâchent et se contractent de mieux en mieux, avec l’âge, l’acquisition de la station debout et de la marche.

On montre à l’enfant le moment opportun pour éliminer et, ce faisant, il apprend à se lâcher quand il en ressent le besoin.

On peut le faire à temps partiel et en mettant des couches à son enfant.

quand mon enfant sera-t-il continent
Je fais faire pipi à ma fille dans mon jardin – Natacha Guillaume

L’apprentissage conventionnel des WC/du pot

Dans l’apprentissage classique du pot/WC, l’enfant est ignoré dans son besoin d’élimination jusqu’à l’âge de l’entrée à l’école maternelle (je généralise, bien-sûr). En portant des couches jetables sans communication au sujet de l’élimination, il apprend à se faire dessus, puis, petit à petit, en oublie ses propres sensations.

Lorsqu’il ne porte plus de couches, il doit réapprendre toutes ces sensations, et cela s’avère souvent très éprouvant. L’enfant ne récupèrera jamais vraiment ce qu’il a perdu, malheureusement. Il ne peut pas se lâcher dès qu’il en ressent le besoin car, pendant un (long) moment, il ne saura pas détecter son besoin. Enfin, il saura qu’il a besoin d’éliminer au dernier moment et devra se retenir pour parvenir jusqu’aux toilettes, s’il ne s’est pas fait dessus entre temps.

Souvent, la continence s’acquiert “du jour au lendemain”, si l’enfant est prêt. Ce modèle diffère complètement de l’hygiène naturelle infantile. Il est en fait complètement absurde de ma part de comparer les deux pratiques, car elles sont incomparables.

quand mon enfant sera-t-il continent
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L’enfant ne sait pas relâcher ses sphincters sur commande

Souvent, quand il doit faire un voyage en voiture, ses parents lui demanderont s’il a envie de faire pipi, demande à laquelle il pourra répondre « non ». S’il répond ” oui ” , il se peut qu’il ait du mal à faire pipi à ce moment-là, et s’il ne fait pas c’est parce qu’il ne sait pas se lâcher au bon moment. Il a appris à faire sur lui-même, n’importe quand, sans même en avoir conscience.

La vessie relâche l’urine par petites quantités seulement à la fois. Il n’est pas rare dans ce cas que l’enfant demande quelques minutes après le départ en voiture d’aller aux toilettes, et peut-être en urgence. Quand on est en voiture, on ne peut pas s’arrêter n’importe quand. Voilà une situation bien embêtante pour cette famille.

Que de stress pour cet enfant de voir la gêne et la déception dans les yeux de ses parents. Que de stress pour ces parents de ne savoir répondre correctement aux besoins de leur enfant. Et de ne savoir lui apporter ce dont il a besoin en temps voulu.

L’énurésie nocturne

Lorsqu’on pratique l’HNI, on ne perd pas son temps à quelque chose d’inutile, puisque « de-toute-façon-l’enfant-sera-continent-un-jour ». On s’occupe d’un besoin primaire de l’enfant, et ce, quand il le faudrait. Combien d’enfants souffrent d’énurésie nocturne bien après avoir arrêté de porter des couches ?

Vous ne le savez pas, et moi non plus, car c’est un sujet tabou…

Il y a fort à parier que beaucoup d’enfants en soient victimes. Il suffit de regarder les rayons de couches dans les supermarchés : taille 6 ultra-absorbante pour la nuit ! Cette taille de couches n’existait pas encore il y a quelques années. Plus le temps passe, plus les fabricants proposent des modèles de plus en plus grands et de plus en plus absorbants.

Plus un enfant est incontinent (un adulte aussi, remarque), moins il devrait porter de couches, et surtout pas hyper-absorbantes. Le cercle vicieux se trouve ici même : plus une couche est absorbante, plus elle séchera vite après la miction et absorbera de liquide, on est bien d’accord. Or, pour qu’un enfant se reconnecte avec ses sensations et soit continent, il a besoin de sentir qu’il élimine. Pour cela, il ne doit pas être entravé d’une couche. Le périnée doit être libre, afin que la miction réveille l’enfant.

Bien s’équiper pour stopper les pipis au lit

Bien-sûr, on veillera à installer plusieurs couches de draps munis d’une alèse plastifiée en-dessous. On pourra rapidement les retirer afin que l’enfant puisse se recoucher tout-de-suite. Petit à petit, et en adaptant l’alimentation et l’ingestion de boissons, bien-sûr, l’enfant se rendra de plus en plus compte qu’il est en train d’éliminer. Il se réveillera (ce qui peut ne même plus arriver chez certains enfants). Plus tard, il se réveillera au dernier moment avec la vessie pleine, ou étant en train de faire pipi. Encore plus tard, il se réveillera pour aller aux toilettes. Et enfin, passera, comme tout le monde le devrait, une nuit sans uriner et fera pipi au réveil.

Un peu de science

C’est embêtant de devoir passer par l’étape où le fait d’uriner réveillera l’enfant, mais sa santé en dépend. Personne n’urine en dormant. Quand on dort, on sécrète une hormone appelée vasopressine qui inhibe la sécrétion d’urine. Les enfants victimes d’énurésie nocturne semblent en manquer, ou ne pas la synthétiser correctement.

La continence en HNI

En HNI, un enfant est continent lorsqu’il exprime son besoin d’éliminer, avant de le faire. En clair, dès qu’il dit précisément, à sa manière, « je veux faire pipi ou caca », c’est qu’il l’est. Cela survient entre un an et deux ans. Ce n’est pas parce que l’enfant ne parvient pas assez rapidement aux toilettes qu’il n’est pas continent. Il aura aussi encore peut-être un peu de mal à se déshabiller seul pour faire ses besoins. Cela ne rentre pas en compte dans l’acquisition de la continence. Il y aura, aussi, encore peut-être des « ratés » dans la journée, on considère quand même que l’enfant est continent.

Chez moi

Ma fille a acquis la continence d’elle-même, à 23 mois. L’occasion pour moi de répéter que c’est possible malgré une HNI à temps partiel avec couches. C’est aussi le moment de clore ce défi, commencé il y a 8 mois.

Où en êtes-vous dans votre pratique de l’HNI ? Vous arrive-t-il de vous demander “quand mon enfant sera-t-il continent?” ? C’est une question que je me suis moi-même posée… alors pas de honte:)

Merci de partager votre expérience dans les commentaires en fin d’article !

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Natacha

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4 commentaires sur “4”

  1. En hni partielle, avec couches jetables et en proposition du pot ou autre à chaque change depuis sa naissance.
    A 17 mois je ne sais pas comment passer le cap. Pourtant elle tire sur sa couche et je suis persuadé que c’est pour nous signaler ses besoins…

    1. Bonjour Emilie,
      peut-être en essayant de la mettre sans couches de temps en temps (même pour de très courts moments) et quand vous le sentez 🙂
      Lorsqu’elle tire sur sa couche, même si le pipi est déjà dedans, continuez de communiquer en disant “je vois que tu faire pipi” ou “tu as fais pipi”…
      Et bien-sûr, si vous envisagez ce que je propose, bien lui expliquer avant ce que vous comptez faire. Se retrouver sans couches tout d’un coup peut être perturbant.
      En tout cas, bravo pour le travail accompli!
      En espérant avoir des nouvelles bientôt 😉
      Natacha

  2. Coucou Natacha,
    Merci pour ce bel article !De mon côté , je continue de mettre mon petit Lyahm (18 mois) « fesses à l’air » afin qu’il puisse sentir son corps et ses besoins
    Et mon Gahbriel ( 6 ans) fait encore pipi au lit parfois… pas grave , on met plusieurs alleses et surtout on ne le réprime pas
    Voilà , Sonia

    1. Coucou Sonia!
      Et merci pour ton commentaire.
      Je suis contente que tu aies poursuivi l’aventure “fesses à l’air” pour Lyahm.
      On ne prend jamais le temps de se donner des nouvelles, et je pense régulièrement à toi en ce sens 🙂
      Merci pour ton témoignage au sujet de Gahbriel. Je ne doute pas de ta bienveillance concernant ce problème de pipi au lit 😉 . Comment vit-il les choses?
      Je pense que ne pas mettre de couches même si pipi au lit et le gros point à mettre en place pour que les choses se règlent…
      Natacha

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