Depuis que je prends mes responsabilités, j’ai une vie plus simple! – Semaine 3 de mon défi

grotte

Mon but est d’avoir une vie familiale simple et saine, vous l’aurez compris. Prendre ses responsabilités est une des valeurs que j’applique au quotidien. Regarder comment se passent les choses chez moi et de les modifier si besoin. En clair, je m’occupe de mes affaires, et ça change tout !

Petite sortie dans une grotte

Mon mari et moi sommes allés visiter une grotte, la fois dernière. C’était beau. Sculptures préhistoriques, immenses monolithes et tout le toutim. Le rêve, quoi.

Mais un peu bruyant, car plein d’enfants ! Et surtout, plein de parents non conscients, malveillants, irrespectueux de leurs enfants.

Ça n’arrêtait pas de pleurer, de chouiner, de réclamer les bras sans succès. Mon mari – quel homme merveilleux et plein de bon sens ! – me chuchote au bout d’un moment « ils peuvent pas venir sans leurs gosses, eux ? C’est pas un endroit pour eux ! »

J’ai du retomber amoureuse de lui à ce moment-là. Même si bien-sûr, je lui ai rétorqué que chacun fait ce qu’il veut, patati patata… pour faire bien.

À moi, ce qui m’a énervé, c’est de voir cette petite fille, certainement de l’âge de la mienne, qui tout à coup trébuche, puis tombe devant les yeux de sa maman qui, occupée avec un plus jeune dans ses bras, n’a pu réagir et a eu un sursaut de peur. La petite fille s’étant mise à pleurer, la maman s’est écrié « c’est pas grave! » et a envoyé l’aînée s’en occuper. Je me suis empressée de sourire à cette jolie petite fille qui me regardait, une fois l’incident passé.

J’ai aussi eu très envie de dire à cette maman que sa fille a simplement réagi comme ça en remarquant la peur dans les yeux de sa maman. Lui dire que ce n’est pas grave quelques secondes après n’a pas de sens. C’est même incompréhensible pour une enfant de cet âge.

Mais elle ne m’a rien demandé, et surtout elle se serait dit « Mais, de quoi je me mêle ? », et elle aurait eu raison.

Prendre ses responsabilités et les assumer

Mon mari et moi avons décidé de nous marier, de construire une maison et d’avoir un enfant. C’était un réel choix, mais surtout, c’était le notre. Pas celui de ma mère ou celui de la voisine qui a toujours besoin de donner son avis sur l’éducation que nous donnons à notre fille, ou sur l’état de notre potager (« c’est la jungle »).

D’accord, elle est à la retraite, elle a que ça à faire. Ok, elle a de la bouteille, elle en a vu d’autres. Mais nous ne lui avons rien demandé. Et surtout, nous assumons nos responsabilités. Nous avons besoin qu’on nous fiche la paix, comme nous la fichons aux autres. Oui, discuter avec le voisinage peut être très plaisant, mais lorsque nous nous sentons épiés comme ça, ce n’est pas sain. C’est intrusif et tout être humain est en droit de se sentir mal dans ces cas-là, et de réclamer la paix.

Balayer devant sa porte

Devant chez moi, c’est pas très propre. J’en ai conscience  Faudrait que j’aille voir de près chez les autres mais j’ai le pallier le moins propre du pâté de maisons, on dirait…

Alors avant de critiquer les autres, je balaye devant ma porte.

Oui, c’est dur. Il faut mettre son orgueil de côté…

Vous croyez? Je n’ai jamais aimé cette expression, très négative, et surtout malveillante. Il faut un peu de courage pour parvenir à avoir assez d’humilité pour se rendre compte de ses défauts, voir ce qui ne va pas dans notre comportement vis-à-vis des autres. Mais, vous aurez accès à un bien-être tel qu’il vous sera plus facile de voir les qualités des autres, de vous y attacher car manquantes chez vous, de ressentir de l’empathie et enfin d’être en paix. C’est tellement simple, une vie pareille 🙂

Désencombrer son esprit

C’est aussi simplifier sa vie. C’est laisser la place pour accueillir des choses positives, des expériences enrichissantes et des moments de joie. Rester à macérer dans sa mauvaise humeur, critiquer les autres et penser que ce serait mieux si tout le monde faisait comme vous le pensez, c’est néfaste. Mais ça l’est surtout pour vous-mêmes. Pour votre confiance en vous. Ainsi que pour votre état d’esprit. Et pour la manière dont vous voyez votre vie. Ça ne vous avancera pas car ça ne fonctionne pas, et en plus c’est très malsain.

Et ça l’est aussi pour votre santé, car corps et esprit sont liés, et ce que vous pensez DEVIENT la réalité. Et ça n’ira pas en s’arrangeant. Ou plutôt, ça ne fera que s’améliorer si vous amenez vos pensées vers du positif, un peu tous les jours, un peu plus chaque jour. Évidemment, on est parfois de mauvaise humeur, ça arrive. La meilleure attitude est d’observer et d’accueillir, puis d’exprimer afin de pouvoir passer à autre chose. C’est naturel et on en a besoin.

Exprimer ses émotions

Votre famille, c’est ce que vous avez de plus précieux, nous sommes d’accord. Elle a besoin de vous en bonne santé. Elle a besoin que vous soyez en forme, que vous aimiez votre vie. Et que vous preniez soin de vous afin d’y parvenir, car sans ça, vous vous oubliez et si vous vous oubliez, vous n’existez plus.

Comme me l’a dit quelqu’un de très sensé, un jour, et je ne manque pas d’y penser, tous les jours : la personne la plus importante pour vous, c’est vous.

Pour bien vous occuper de votre famille, prenez soin de vous. S’occuper de son état d’esprit, c’est s’occuper de soi. Méditer, se relaxer, ne rien faire, lire un livre qui vous plaît, regarder un film drôle ou émouvant, s’autoriser à ressentir et à vivre ses émotions.

En gros, vous avez envie de pleurer, ouvrez les vannes ! Et si vous êtes pudique comme moi (si, si je suis pudique, surtout dans ce cas-là), allez ailleurs, ou faites-le quand vous êtes seul.

Il est primordial de s’écouter et d’exprimer ses émotions. Une émotion refoulée, et c’est le cancer assuré. Oui, ça choque quand je dis ça. C’est pourtant la vérité.

Combien de fois ai-je entendu « qu’elle est courageuse, cette femme, elle élève ses 3 enfants, le mari n’est jamais là, elle se plaint jamais etc etc… »

Mais quelle horreur ! Je ne plains pas cette femme car elle élève quasiment seule ses 3 enfants, mais bien parce-qu’elle ne s’autorise jamais à se plaindre. J’en connais des tonnes de personnes dans ce cas ! Et c’est terrible.

Autoriser les autres à s’exprimer

Il était une longue période (et j’en fais aussi partie) où il fallait se taire à table quand on était un enfant, où il ne fallait pas pleurer quand on se faisait mal, où il ne fallait pas crier car ça allait déranger… On est à une époque où les gens savent et comprennent de plus en plus que ce genre de comportement n’est pas sain. Mais, la route est encore longue.

Moi, quand je ris fort (quand je ris, en fait) dans un lieu public, les gens me regardent, ou sont gênés, ou les deux…

Et parfois, je suis agacée quand j’entends un enfant pleurer fort, faire un « caprice » dans un magasin. Oui, je l’avoue.

Sale gosse !

Je rigole, bien-sûr. Je suis bel et bien agacée, mais en fait, j’ai mal pour cet enfant.

Retour à la grotte

Tout ça me rappelle une histoire vécue lors de la visite de la grotte, dont je parle plus haut.

Après la visite, nous sortions tous et un enfant pleurait assez fort, se plaignait et réclamait les bras de ses parents. Il était fatigué, la visite était longue, et j’imagine très ennuyeuse pour un enfant de son âge. Il ne fallait pas toucher, pas courir, pas ceci, pas cela…

J’ai entendu son père, excédé, et certainement désespéré de ne plus savoir comment réagir face à une telle situation, dire « Y’a que toi qui pleure, là !». C’était violent, irrespectueux et gratuit.

Non, je n’aime pas ce genre de situation.

Oui, je suis plus indulgente avec ces parents car j’en sais plus sur moi-même depuis que je suis mère. Et j’en sais plus sur les difficultés rencontrées en tant que telle.

Mais c’est toujours difficile, en sachant ce que je sais sur ce que vis et traverse un enfant quand il entend ce genre de remarque, d’être, moi aussi, respectueuse, bienveillante et tolérante.

Je parviens aussi à ressentir de la peine pour ce papa. J’aimerai pouvoir lui dire ce que je sais mais ça ne marche pas comme ça. Comme dans chaque situation de la vie, à chaque problème que nous rencontrons, nous devons nous-mêmes faire la démarche de comprendre ce qu’il se passe, afin de régler cette difficulté nous-mêmes. C’est ainsi que nous assumons nos responsabilités.

L’autonomie

La notion d’autonomie est une valeur très forte pour moi, et je souhaite l’inculquer à ma fille. Je la laisse le plus possible prendre des initiatives. J’essaie au maximum de respecter ses choix.

Dans « Le concept du continuum » de Jean Liedloff, l’auteur nous fait part de son observation du peuple Yekwana, entre autres, qui vit dans la forêt Amazonienne. Ce peuple vit de manière très traditionnelle, et est à l’opposé de ce que la plupart des gens en Occident a déjà vu. Ils vivent quasiment nus, de la chasse et de la cueillette. Les bébés sont allaités, bien-sûr, et évidemment ne portent pas de couches.

Je ne sais pas si ce peuple communique sur les besoins d’élimination ou nettoie simplement les déjections, il n’est fait aucune remarque à ce sujet, ou du moins je n’ai rien remarqué.

Leur manière de s’occuper de leurs enfants leur confère une vie heureuse jusqu’à leur mort. Il n’y a pas de conflits et peu de problèmes.

La vision du maternage du peuple Yekwana

Les bébés sont portés en permanence jusqu’à 1 an, puis très proche de la mère jusqu’à 2 ans. C’est à cet âge que l’enfant peut, s’il le veut, aller chasser seul dans la forêt et aller se baigner dans la rivière (ils le font tous les jours et ce sont d’excellents nageurs). L’autonomie est inculquée en laissant les bébés jouer où ils veulent et quand ils veulent. Les mères sont toujours près et présentes mais n’interdisent rien aux enfants. Elles n’anticipent pas les besoins des enfants. Si un enfant veut quelque-chose, il le demande et la mère y répond, point.

Cette manière de procéder fait que les bébés ont naturellement confiance en eux ; ils peuvent jouer avec les couteaux de chasse sans se blesser, ou près d’un ravin sans y tomber. La mère montre qu’elle a confiance en ne réagissant pas plus que si le bébé jouait assis par terre avec une cuillère en bois. Elle ne montre aucun signe d’inquiétude face à une situation qui pourrait paraître inquiétante pour une mère occidentale, car elle sait que le bébé a un instinct fort qui le pousse à ne pas se mettre en danger et à réagir de manière adéquate aux situations.

En se comportant ainsi, elle montre à son enfant que son attitude est appropriée, qu’il peut avoir confiance en son corps et en ses capacités physiques – et le portage joue un énorme rôle là-dedans, je développerai ce point dans un prochain article – et qu’il est une personne à part entière depuis sa naissance et que ses choix et valeurs sont respectées, même si elles ne sont pas attendues par le peuple. Chacun est à même de prendre ses responsabilités, d’assumer ses choix et de ce fait se sent en sécurité. Ces enfants deviennent des adultes autonomes qui n’ont aucun manque affectif. C’est malheureusement souvent le cas en Occident. En résulte beaucoup de violences et de comportements inappropriés.

Ce livre a changé ma vision du maternage

Je me suis énormément inspirée de ce livre car il est très inspirant (!), d’une infinie justesse, et d’une intelligence rare.

En bref et pour conclure, rester centré sur soi afin de régler ses propres problèmes est une attitude adéquate. En tant que parent, nous devons garder à l’esprit que nous avons crée un petit être certes immature, mais qui n’a pas besoin que nous fassions à sa place. Il a besoin d’expérimenter seul pour juger. Sa confiance en lui se créera de cette manière. Et sa capacité à être autonome, tolérant et empathique découleront de cette confiance, celle que ses parents l’auront autorisé à avoir car ils auront eu eux-mêmes confiance en sa capacité de faire les bons choix. Il pourra ainsi, à l’âge adulte, prendre ses responsabilités.

Natacha

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3 commentaires sur “3”

  1. Bonjour Natacha

    Encore un très bel article.
    J’ai apprécié ton histoire sur la grotte : un enfant qui marche pendant des heures est épuisé à la fin de la journée, de la promenade.

    Il faut arriver par moment à se mettre à la place de l’enfant.

    Mais oui, pourtant, arrêtons de critiquer les autres parents.
    Notre cheminement nous appartient, et croire que l’on est supérieur est une bêtise.
    Même si ce que l’on fait, on le pense mieux que l’autre, on ne connaît rien de ce qu’a vécu le parent qui hurle sur son enfant, on se sait rien de sa vie.

    Et même si tout ce que nous faisons apporterait plus de joie dans leur famille : qui sommes-nous pour leur apporter un jugement.

    On a le droit de ressentir de l’énervement, de la déception, de la colère, face à ces “mauvais” parents, mais leurs dire est une bêtise.

    C’est bien une des raisons qui fait que la parentalité positive est de plus en plus mal vue aujourd’hui …
    Donnons des conseils oui, forçons les gens non 🙂

    Pour revenir sur l’autonomie, second sujet de ton article : je te rejoins tout à fait. Je l’ai constaté des maintes fois avec Choub’. Des fois, j’ai tellement eu peur pour lui, que je l’ai exprimé et lui, pourtant n’avait eu ni peur ni mal. En me voyant, il s’est mis à pleurer, à cause de moi !
    Après, pleurer c’est bon aussi, donc faut pas dramatiser non plus 🙂

    Pour plus d’autonomie, je suis tout à fait d’accord dès le plus jeune âge : ça soulage la famille. Et quand tu es papa et patron, c’est peut-être une des clefs pour réussir à s’en sortir 🙂

    A plus
    Evan

    1. Bonjour Evan 🙂
      Tu as bien saisi le thème principal de l’article. Souvent, je me prends pour Super Maman et crois que je fais mieux que les autres, alors évidemment j’ai envie de faire la leçon! Très malveillant comme attitude!
      J’espère réussir à montrer à ma fille qu’elle peut avoir confiance en elle et en sa capacité de jugement pour qu’elle accède à un niveau de conscience plus profond que le mien… et qu’elle fasse mieux avec ses enfants, car c’est naturel 😉 J’essaie pour le moment de l’accepter telle qu’elle est, et bien-sûr je n’y arrive pas toujours.
      Natacha

    2. Aussi, j’ai oublié de te dire qu’il ne faut pas culpabiliser si tu as peur pour ton enfant. Ce n’est pas “à cause de toi” qu’il a pleuré. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire dans l’article, et désolée à l’avance pour tous les parents qui ont compris ça! Je voulais dire qu’il est normal de ressentir des émotions et que dire “ce n’est pas grave” ou “c’est rien” juste après met l’enfant dans une situation d’incompréhension. Simplement dire “j’ai eu peur pour toi” me paraît normal et montre à l’enfant qu’on est humain et qu’on n’est pas parfait.
      Natacha

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