Pourquoi je n’ai pas allaité

pourquoi je n'ai pas allaité

Après la naissance de mon premier enfant, j’ai eu un post-partum assez difficile. Voilà pourquoi je n’ai pas allaité… Explications.

L’allaitement, plus qu’un souhait, une évidence

Quand j’étais enceinte de ma fille, je ne désirais pas seulement allaiter. Pour moi, cela coulait de source. Il était évident que j’allais donner le sein à mon enfant puisque c’est naturel pour tous les mammifères…
Je ne me suis donc jamais posé la question !

S’informer, de plusieurs manières

J’ai discuté avec des mamans allaitantes, ou qui ont allaité. Je me suis renseigné sur ma vie de bébé, et j’ai appris que ma mère ne m’avait pas donné le sein. Puis, j’ai lu beaucoup de livres, j’en ai parlé à ma doula et à ma sage-femme (SF) qui donnait un cours de préparation à l’accouchement spécialement dédié à ce sujet.

pourquoi je n'ai pas allaité
DariuszSankowski

Voilà, d’ailleurs, deux blogs que je visite très souvent et qui informent très bien sur l’allaitement :

Naissance Enfance Nature : le blog de mon amie Fanny

Parents Naturellement : le blog de mon amie Floriane

Je pensais donc être parée

Et puis cela paraissait tellement simple, tellement naturel. Plusieurs mamans m’ont dit que ça avait été très facile pour elle. Je savais, bien-sûr, que je pouvais avoir des difficultés pour mettre mon bébé au sein, que je pouvais avoir des crevasses s’il prenait mal le sein…

J’ai beau savoir qu’il y a une différence entre connaître le chemin et arpenter le chemin, je me fourvoie encore, bien souvent…

J’avais inscrit sur le projet de naissance de mon enfant que je voulais absolument donner le sein. Et qu’il était très important qu’on me laisse mettre mon bébé au sein dès que possible après sa naissance pour bien démarrer l’allaitement. J’avais indiqué que je ne voulais pas qu’on lui administre autre chose que mon lait si j’étais dans l’incapacité de le faire moi-même. Ces renseignements je les ai laissés dans le document « projet de naissance » que j’avais dactylographié sur mon PC, et que j’ai imprimé à nouveau pour mon fils, mon deuxième enfant, sans presque rien y changer.
J’avais fait le point avec l’équipe de la maternité. Car, comme je souhaitais accoucher naturellement dans la salle nature de l’hôpital avec la SF de suivi global qui avait signé un contrat avec eux pour accéder au plateau technique, je n’aurais eu affaire à eux qu’en cas de souci ou si je décidais d’avoir une anesthésie péridurale.

Mon accouchement

Il s’est bien passé, globalement. Survenu en début de 2e moitié de dilatation cervicale, je n’ai plus supporté l’intensité des contractions. Le travail devenait très actif et ça s’enchaînait sans me laisser le temps de respirer… bref, j’ai demandé à avoir une péridurale.
Puis, quelques heures après, j’ai mis au monde mon premier bébé. J’avais rêvé (cauchemardé) maintes fois avant ce moment que la mise au sein s’avérerait impossible, rendant la suite de mon allaitement difficile, voire catastrophique.
Ma fille avait un réflexe de succion très fort. Je l’ai à peine guidée vers mon sein. En réalité j’ai guidé mon sein vers sa bouche.

Ben quoi ? Oui, ça tombe un peu, et alors ?
Elle a aussitôt aspiré ce qui se présentait à elle. Et moi, je l’ai joué en mode « Dracula sort de son cercueil », vous voyez le genre ? De ce côté-là, j’étais rassurée !

Petit problème d’utérus

C’était sans compter sur ma boîte à bébé qui avait un peu morflé… Et oui, avec une SF un peu zélée qui s’inquiète de la délivrance au bout de 5 minutes après la naissance.
Cette même SF qui ne comprend pas qu’on lui refuse la pose d’une perfusion d’ocytocine de synthèse m’a donc comprimé l’abdomen pour faire descendre le placenta en question. Ce qui est extrêmement douloureux, même avec une péri.
Et donc ledit placenta ayant l’air entier mais ne l’étant certainement pas, une infection s’est déclarée. J’ai eu 40,5° de température 4 jours après mon accouchement et pour autant, mon mari n’a appelé le médecin qu’une semaine après que bébé soit née. Je ne pouvais plus rien faire, moi. Je ne bougeais plus et la mise au sein était devenue compliquée.

pourquoi je n'ai pas allaité
Easyc

Pourquoi je n’ai pas allaité

Lorsque j’étais à la maternité, tout allait bien. J’ai commencé à avoir des crevasses au bout de 2 jours d’allaitement, mais cela allait encore. En fait, j’avais très mal. J’ai eu des tranchées très douloureuses alors que ma SF m’avait pourtant certifié que je n’en aurais pas vu que c’était mon premier enfant.

Mon retour à la maison

Ce jour-là, je suis rentrée chez moi et là, ça a commencé à se gâter. J’ai d’abord eu ma SF au téléphone alors que je tentais de faire la sieste avec mon bébé. Mon mari était parti acheter je ne sais plus exactement quoi, pour moi. Elle m’a pourrie car je n’aurai pas du sortir aussi tôt, pour elle. J’avais eu une petite hémorragie à la délivrance. Évidemment, quand on s’assoit quasiment sur votre ventre alors que vous venez d’accoucher, vous saignez… Et en plus, mon bébé n’avait pas encore eu le test de Guthrie. J’étais donc inconsciente, selon elle…
Je pense plutôt que le fait que j’ai demandé une péridurale, et donc que j’ai stoppé le processus d’accouchement naturel avec elle l’a vexée.

Le baby-blues, induit ?

Mon mari, à son retour, m’a trouvée en larmes ! Je n’ai que très difficilement réussi à mettre ma fille au sein à partir de là. Elle pleurait au moment de la tétée, ce qui me stressait. Même si, globalement, c’est un bébé qui a peu pleuré. Voilà comment on fait confiance à quelqu’un en lui laissant quasiment notre vie entre ses mains et comment on se fait tuer puis enterrer…
La personne à laquelle je n’ai pas assez fait confiance c’est moi-même. Quand mon intuition me disait de ne pas écouter cette personne. Et quand je mettais ma sensibilité au rebut lorsque je voyais mon mari tiquer devant certains de ses agissements. J’avais juste peur de ne pas pouvoir accoucher comme je le voulais car c’était la seule sage-femme du secteur, à cette époque, qui proposait ce genre d’accompagnement.

pourquoi je n'ai pas allaité
Les douleurs de l’allaitement de ma fille – Photo Natacha Guillaume

Et on s’enfonce, toujours plus profond

Nous avons appelé la maternité pendant la nuit car mes crevasses saignaient. Je n’arrivais pas à mettre ma fille correctement au sein et quand j’arrivais à quelque chose, j’avais très mal.

Depuis le début de mon allaitement, je n’ai cessé d’avoir mal à la mise au sein. « Le bébé prend mal le sein »… Ok, mais comment faire pour qu’elle le prenne correctement ? La SF qui nous a répondu au téléphone nous a beaucoup soutenu. Je l’aime beaucoup. Elle était présente quand j’ai accouché de mon fils. J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur elle.

Nous avons dit que nous avons donné une tétine à notre fille pour tenter de l’apaiser afin que je puisse prendre un peu de repos. J’avais mal partout, en fait. Au ventre, aux seins, à la tête, au dos… Ça a été une nuit horrible… J’ai craqué à un moment donné et mon mari lui a fait un biberon de lait, le lendemain. Il est allé acheter ça à la pharmacie, avec des bouts de sein en silicone.

Derniers essais… avant d’abandonner

Les bouts de seins ne servaient presque à rien, j’avais tout aussi mal pendant la tétée. Mais je continuais de lui donner le sein car je voulais allaiter et je pensais que je trouverais bien comment faire, un jour… Nous sommes retournés à la maternité pour faire le fameux test de Guthrie. L’équipe m’a trouvée blanche et fatiguée. Et moi je me suis dit « normal, je viens d’accoucher ! ».

Puis, j’ai eu beaucoup de température, le lendemain soir. Je me souviens avoir eu très froid, tellement que j’avais mon manteau, mon bonnet et que j’étais sous une couverture sur le canapé de mon salon. Puis, j’ai eu extrêmement chaud ! Je me suis beaucoup déshabillée. Et enfin, je ne savais plus où j’habitais, comme on dit. Je croyais entendre mon bébé m’appeler, alors qu’elle dormait dans son couffin, tout près de moi. Elle dormait à poings fermés. Je rêvais que je lui donnais le sein en pensant dur comme fer que c’était la réalité… Cette nuit-là, j’ai vu des éléphants roses !
Le surlendemain, nous avons appelé la sage-femme de notre village pour qu’elle vienne faire la visite à domicile. Il y avait eu un couac : la maternité m’avait dit, juste avant mon départ, que MA SF devait venir en visite, elle-même (ce qui était prévu depuis longtemps, et habituel pour les SF en suivi global). Elle n’est pas venue… Bref, j’avais d’autres chats à fouetter que de m’occuper des mésententes entre la maternité et la sage-femme !

Retour à la maternité

Visite à domicile

La SF du village m’a prescrit de l’Ibuprofène, de quoi soigner une vilaine mycose vaginale et m’a conseillé d’appeler mon médecin traitant, car elle ne savait pas ce que j’avais. Je ne bougeais plus, je ne mangeais plus… J’avais tellement mal au ventre ! Et j’étais tellement persuadée que c’était du à la constipation, car je n’étais pas allée aux toilettes depuis le jour de mon accouchement, une semaine auparavant…

Les urgences, d’urgence !

Le médecin m’a envoyé aux urgences, et m’a dit d’y aller sans attendre. J’ai eu une batterie d’examens : analyse d’urine, prise de sang… J’ai agressé verbalement le pauvre petit infirmier qui m’a dit qu’on allait me faire un scanner.
« Vous vous foutez de ma gueule ? »
Il était tellement gentil qu’il a tout-de-suite compris que j’avais peur.
« Ne vous inquiétez pas, ce sera juste pour voir votre abdomen, ce n’est pas un tunnel, comme pour une IRM, dans lequel vous allez entrer entièrement.»
« Ah… d’accord. Pardon. »
Il m’a fait un sourire et m’a accompagnée. Entre-temps la perfusion d’anti-douleurs a fait un peu effet et j’allais mieux.

Verdict

Puis, on m’a annoncé que j’avais une endométrite sévère du post-partum.
« 350 CRP !!! »
«C’est-à-dire ? » Certains médecins croient toujours qu’on comprend tout ce qu’ils disent. Ou alors font exprès d’utiliser un jargon médical très compliqué pour bien nous faire comprendre qu’on ne peut pas comprendre. En nous faisant croire qu’ils pensent qu’on a compris, bien-sûr…
La protéine C réactive est sensée être de moins de 50mg/l, de mémoire… Je ne me souviens plus de mon taux d’anticorps, mais ça les a fait bondir. En gros, je me serai pointée une demi-journée plus tard et j’étais opérée d’urgences pour une péritonite. Sans être sûre de pouvoir avoir d’autres enfants par la suite. Et quand je pense au joli petit garçon que j’ai eu par la suite, j’ai les boules !

Des mésententes au sein du corps médical, encore…

Il m’a dit qu’une infirmière passerait chez moi deux fois par jour pour me faire des injections d’antibiotiques.

Sur ce, le médecin urgentiste est arrivé et m’a parlée en me disant que mon séjour ici ne serait certainement pas très long, qu’il était encore temps et que tout irait bien… Là, on s’est regardés avec mon mari, et on lui a dit que je rentrais chez moi, puisque le gynéco nous l’avait dit. Il nous a dit que ce n’était pas possible vu mon état, et que c’était une erreur. J’ai tout-de-suite été très inquiète. J’ai parlé de ma fille de laquelle je ne voulais pas être séparée, de mon allaitement… Les médecins ont été très compréhensifs malgré le fait que je sois déjà sortie de la maternité et hospitalisée pour un autre motif que mes suites de couches. Ils ont dit que je pouvais garder ma fille avec moi mais qu’elle serait sous ma responsabilité.

Parentingupstream

J’ai passé 5 jours là-bas. On m’a prêté un tire-lait électrique double pompage pour que je puisse poursuivre mon allaitement.

Je pouvais continuer de donner mon lait malgré les antibiotiques

Une SF a même appelé La Leche League (LLL) pour qu’elle me prodigue des conseils afin de mener à bien ce projet. Je devais extraire manuelle mon lait, puis tout-de-suite après avec le tire-lait. Je devais garder ma fille le plus possible dans les bras, ce que je faisais déjà, malgré la douleur au ventre et aux seins. Tout ça dans le but de me faire sécréter de l’ocytocine, vous savez la fameuse hormone de l’amour. On fait des bébés, on les met au monde et on leur fabrique du bon lait grâce à elle.
Mais la fatigue et la douleur ont eu raison de moi. Tout ça, ça fait sécréter du cortisol, entre autres : l’hormone du stress, l’ennemi de la lactation… J’avais de moins en moins de lait. Et comme je ne mettais plus ma fille au sein et que je lui donnais déjà des biberons de lait en poudre, j’étais entrée dans un cercle vicieux. Trop de douleurs, pas assez de câlins et de temps à profiter réellement de mon enfant : voilà pourquoi je n’ai pas allaité ma fille. Entrer dans la réflexion, le jugement (négatif) de soi et la culpabilité, ça empêche tout le processus. C’est très malsain. Alors j’ai dit stop…

J’ai eu énormément de mal à accepter de ne pas avoir allaité ma fille plus longtemps

Lorsque j’étais enceinte de mon fils, je voulais à nouveau allaiter. Mais j’ai pris le temps de la réflexion, cette fois-ci… 5 minutes, histoire d’être sûre que je voulais bien allaiter !

Mon projet d’allaitement avec mon fils a duré 2 malheureux petits jours… J’avais affreusement mal aux seins. Et je n’avais pas de crevasses. Pas même une petite rougeur.
J’ai pris le temps de réfléchir après avoir décidé d’arrêter l’allaitement.

Pourquoi je n’ai pas allaité mon fils ?

Je ne sais pas, mais je pense que le désir profond de mon âme était en conflit avec celui de mon corps. Je remercie ma très chère amie de m’avoir tant écouté à ce sujet et avec tant de bienveillance ! Et d’avoir évoqué cette possibilité. Ce n’est pas encore l’évidence mais c’est la seule raison qui m’a parue plausible, à ce jour.

Que donner lorsqu’on n’allaite pas ?

Si, comme moi, vous voulez éviter le lait de vache et ses dérivés, voilà vers quoi vous tourner :

Toutes ces préparations sont en poudre pour les 1er (0/6mois) et 2e âge (6/10 mois). Elles sont disponibles sur Internet ou en épiceries bio.

Nous avons donné du lait de riz Premiriz de la marque Premibio à notre fille à partir de son 3e mois. Puis à partir de 5 mois, il est devenu très difficile de se le procurer – et c’était encore le cas à la naissance de notre fils -, nous sommes donc passés au lait de riz infantile Bébé Mandorle. Nous avons commencé à donner du lait de riz infantile à notre fils dès la sortie de la maternité. Malgré un lait infantile hypoallergénique à base de protéines de lait de vache qu’on nous a procuré à la maternité, il avait énormément d’aigreurs et de reflux gastro-oesophagiens.

Comment préparer un biberon de lait de riz infantile?

Nous reconstitutions la poudre avec de l’eau du Mont Roucous, qui est une eau très faiblement minéralisée. Nous n’utilisons jamais d’Evian, de Luchon, de Volvic… même si la mention « convient pour l’alimentation des bébés » apparaît sur la bouteille. Elles sont trop lourdes, et peuvent constiper.
Il existe également l’eau Rosée de la Reine ou Montcalm, qui sont également très faiblement minéralisées mais plus difficiles à trouver, chez moi en tout cas. Tout ça n’est pas trop lourd à filtrer pour nos reins (et oui, je bois exclusivement de l’eau faiblement minéralisée, moi aussi!).
Nous mélangeons la préparation avec un mixeur à biberons car le lait de riz se mélange mal. Nous donnons le biberon à température ambiante. Nous en donnons autant que notre bébé nous en réclame pendant le repas. Puis nous tentons d’attendre minimum 3h avant de lui en redonner. Cependant, ce lait est très digeste et il est arrivé que nos enfants en réclament avant cela. Nous répondons à leurs besoins du mieux que nous pouvons.

Avez-vous allaité vos enfants ? Sinon, je serai contente d’en savoir plus sur votre expérience et ce que vous avez tenté de mettre en place pour nourrir vos enfants de la manière la plus saine… merci à vous !

N’hésitez pas à liker et partager cet article. Merci!

Abonnez-vous au blog pour être au courant tout-de-suite de la publication d’un article !

Natacha

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    62
    Partages
  • 62
  •  
  •  
  •  
  •  

​Merci d'avoir lu
cet article !

En complément, vous êtes libre de recevoir gratuitement le guide des parents qui vous aidera à :

  • utiliser moins de couches avec votre bébé;
  • en finir avec les coliques du nourrisson;
  • soigner définitivement les érythèmes fessiers;
  • aider votre enfant à aller au pot/WC seul et sans stress


6 commentaires sur “6”

  1. Bonjour Natacha et merci pour cet article.
    L’allaitement n’est pas un long fleuve tranquille… J’ai allaité ma fille ainée en mode “je vais y arriver”, comme une warrior, en suivant tous les protocoles demandés à l’époque (il y a maintenant 14 ans !) : pesées avant et après tétée (je sais, cela parait surréaliste aujourd’hui !), au minimum 3 heures entre chaque tétée… un calvaire pendant 3 mois. 7 ans après, j’ai allaité son petit frère à la demande. Les nuits étaient terribles avec un petit bout aux besoins très intenses et j’ai arrêté à 15 mois. 2.5 ans plus tard, j’ai allaité mon petit dernier, toujours à la demande et en cododo (ce qui m’a sauvé la vie !!). Sereinement, jusqu’à ses 3 ans.
    Ton article nous montre bien que, entre ce que nous souhaitons et ce qui arrive, il existe parfois un gouffre… accentué par un environnement pas toujours bienveillant et à l’écoute.
    Aujourd’hui, je suis devenue Doula. Dans le début de ton article tu parles de ta doula, mais plus après… quel rôle a t elle joué à ce moment là ?
    Encore merci pour ce partage

    1. Bonjour Anne-Christine, et merci de ton commentaire.
      Oui, tu as bien raison, entre le désir que l’on a (le fantasme?) pendant la grossesse de notre future maternité et la réalité, il peut y avoir de grosses différences…
      J’ai cododoté avec mes deux enfants et allaitement à la demande mais bon… y’a un truc que j’ai pas du piger!
      Lorsque je suis retournée à la maternité pour soigner mon endométrite, j’ai été seule pendant un moment. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas appelé ma doula. Elle est revenue me voir à mon retour de l’hôpital pour me montrer des nœuds simples de portage. Elle était passée me voir deux ou trois fois, je ne sais plus, après mon premier passage à la maternité et m’a beaucoup encouragée. C’est vrai que je ne l’ai pas mentionné. Elle m’a dit, après guérison (longtemps après) qu’elle n’avait jamais des seins aussi crevassés. J’ai bien compris qu’elle voulait aussi me dire par là qu’elle comprenait bien la douleur que je ressentais et qu’il aurait été difficile de la contrer. Après la naissance de mon fils, la maternité a évoqué le fait que j’ai une peau très blanche et fine et que ce type de peau est beaucoup plus sensible, surtout pour l’allaitement. J’ai ensuite peut-être fait le lien entre mon syndrome de Raynaud, que je savais subir depuis longtemps (et dont je ne souffre plus depuis que je ne mange plus de gluten) mais j’ignorais totalement que les seins pouvaient aussi en faire les frais, bien que j’ai déjà eu mal aux seins à cause du froid maintes fois dans ma vie…
      Tu dis avoir allaité ta fille en mode “je vais y arriver”, je crois n’avoir pas été dans ce mode là, ou pas suffisamment… Je ne sais plus! Je me souviens avoir eu très mal à la mise au sein pour mes deux enfants mais ce dont je me souviens surtout c’est que je n’y prenais pas de plaisir. Encore pour ma fille, ça allait mais pour mon fils, il y a du y avoir une sorte de dégoût vis-à-vis de mon expérience avec ma fille (et qui était inconscient, en réalité) car je faisais ça machinalement et d’un coup j’ai décrété “je veux arrêter d’allaiter, ce n’est pas pour moi”. Je trouve cela triste car je pensais vouloir allaiter plus que tout au monde et je sais que c’est le meilleur pour le bébé. Mais il s’est avéré que ce n’est pas du tout le meilleur pour moi et je trouve cela dommage. Je trouve qu’il est dommage qu’il y ait “les mamans qui allaitent” d’un côté, et “celles qui donnent le biberon” de l’autre. Je trouve que c’est dommage d’en arriver au constat qu’on n’est pas capable de nourrir son enfant, comme tout mammifère. Je trouve qu’il est abominable (même si j’aurais fait cette tête moi aussi si j’avais allaité mes enfants comme je le voulais) de voir la tête d’une maman déçue (pire quand c’est ma sage-femme!) que je n’ai pas réussi à allaiter, qui se met en colère contre la maternité qui ne m’a pas assez épaulée, qui ne m’a pas aiguillée vers un ostéo… Dans ces moments-là j’ai l’impression de ne pas convenir (même si la déception n’est pas tournée vers moi), de sentir la justification de ces mamans car bien-sûr “ce n’est pas ma faute”. Faute il n’y a pas, ça ne fonctionne pas et puis c’est tout… J’aimerai entendre ça car quand on est passée au biberon, il est dur d’entendre les remords des autres, ou que quelqu’un me dise qu’il n’est pas trop tard, que je peux encore faire ceci ou cela. Mais moi je pense qu’il est trop dur de vivre encore une déception, alors non merci…

  2. coucou natacha,

    cet article me touche beaucoup.
    je pense que tu as fais de ton mieux par rapport a ce que tu voulais au depart. (ceci me fait penser aux accords tolteques que je suis en train de decouvrir.. enfin)
    faire de son mieux n’est ce pas la l’essentiel apres tout quelle qu’en soit la resultante.. je pense que quand tu as voulu allaiter ta fille tu as voulu faire de ton mieux… et quand tu as pris la decision pour ton fils de dire stop a l’allaiement pour toutes les raisons evoquees tu as aussi voulu faire de ton mieux.. qu’importe les fait. faire de son mieux (et le faire pour soi uniquement … pas pour les autres) c’est ce qui compte a mes yeux.
    et je pense que tout ce parcours n’est pas seulement faire de ton mieux. (d’ailleurs meme si on ne fait pas de son mieux consciemment… l’esprit lui pense tjs que ce qu’il fait est le mieux sinon il ne le ferait pas a mon avis ahah)

    tout ca c’est ta reussite a toi… grace a cela tu peux experimente plein de choses. (admettons le lacher prise… la culpabilite puis .. le pardon… j’invente)…

    j’ai pense comme toi aux raisons inconscientes qui peuvent etre a l’origine de ce deuxieme allaitement qui n’a pas ete poursuivi… comme tu le dis probablement un “degout” inconscient mais degout de quoi? … degout des souvenirs douloureux… de soi peut etre? cause par une culpabilite encore presente a ce moment la qui sait? toi meme evidemment…
    mais je me dis… n est ce pas la aussi une facon inconsciente de vouloir offrir la meme chose a tes deux enfants? de vouloir etre une maman equitable qui sait? ne pas allaiter ton fils pour ne pas revivre doublement cette culpabilite de ne pas avoir allaite haize?

    la vie est quoi qu’il en soit bien faite et je reste persuadee que ces choses la tiennent a un dessein bien defini :-p .

    par ailleurs nous attirons a nous les experiences que nous redoutons le plus… plus on a peur d’une chose plus elle est susceptible de nous arriver (je l’ai moi meme experimente dans ma chair mais pas en ce qui concerne l’allaitement meme si j’avais un peu la trouille aussi) … mais voila meme quand on a attiree cette chose a soi c’est toujours pour le plus grand bien de l’ame qui evolue.

    l’ame ne connait pas de positif ou de negatif. elle ne juge pas les experiences de la vie qui nous servent selon son propre desir (de pair avec les autres)

    a cette ame… partir a sa rencontre fait assurement voir la vie differemment et ce pour le meilleur!

    derriere chaque chose que l’on juge negativement (peur echec trahison etc.) il y a bel et bien une raison plus grande que nous et qui nous sert!

    l’ame suit des cycles comme la nature et ses saisons …

    et les experiences de la vie font partie integrante dr cette evolution.

    parfois je blame la vie… les gens mais je sais au fond que tout est a dessein et je sais bien lequel…

    du coup blamer soi ou les autres ou la vie etc ne sert a rien je le sais aussi (mais il ne faut pas tout accepter pout autant ahah) les choses doivent continuellement changer…

    le cycle est est sera tjs cyclique

    ce monde de matiere et d’experience voulues est comme une expiration de la Vie… il y a tant d’autres facettes a en decouvrir…

    l’inspiration guette (toujours) ;-)… le cycle quoi… 😉 pourquoi seule la matiere en serait regie?

    gros.bisous

    1. Coucou Laurie,
      effectivement je n’avais pas pensé au fait que peut-être je voulais donner autant à chacun de mes enfants dans un souci d’égalité. Ce doit être inconscient tout ça…
      Tu as bien raison, nous attirons les choses qui nous font le plus peur. Je pense qu’en ressentant ce que cela nous ferait nous l’attirons. Je pense aussi que les situations qui nous font peur sont justement là pour nous apprendre, pour guérir ou pour changer quelque chose qui ne va pas dans notre vie. Moi, j’ai tendance à éviter les situations qui me font très peur et nécessairement certaines arrivent quand même et me forcent à affronter le problème. J’ai horreur de ça mais c’est la vie!
      Merci de ton commentaire, gros bisous,
      Natacha

  3. Cela a dû être très difficile à vivre, aussi bien physiquement, moralement. Renoncer en raison de douleurs est naturel.

    Merci pour les alternatives au lait de vache, je commence a m’intéresser au lait de riz tout en poursuivant l’allaitement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.