La phobie des toilettes – Mon défi HNI

la phobie des toilettes

La phobie des toilettes est une phobie bien présente chez bon nombre d’entre nous. Vous n’y croyez pas ? Vous la trouvez bien ridicule ? Elle traite d’un sujet tellement tabou, que même le fait d’avoir une phobie qui s’y rapporte est tabou.

La phobie de la phobie des toilettes

Il est beaucoup plus simple de dire qu’on a le vertige ou qu’on a peur des araignées, c’est certain. La plupart des gens s’y attendra et ne sera pas choqué.

Bien-sûr, il y a le fait de parler d’excréments qui dérange, mais aussi le fait de penser que tout un chacun est humain et va aux toilettes plusieurs fois par jour. Nous ne sommes pas prêts à entendre ceci de la part de tous.

N’en parlons pas si nous ne le voulons pas, pour autant, il n’y a pas de raison d’en avoir honte. Tâchons de nous comporter avec respect envers nos enfants afin qu’ils aient l’attitude la plus saine à ce sujet.

la phobie des toilettes
Stelogic

Les origines de la phobie des toilettes

Bien-sûr, pendant l’acquisition de la continence, des méthodes d’éducation coercitives comme le fait d’obliger l’enfant à se retenir ou au contraire, à éliminer à telle heure ou à tel endroit créent ou aggravent ce phénomène.

Le fait de gronder l’enfant qui a fait pipi au lit ou qui s’est fait pipi ou caca dessus est extrêmement dévalorisant. Dire « le caca, c’est sale » n’est pas approprié. L’enfant pourrait entendre :  «  je suis sale, car je viens de me faire caca dessus ».

L’enfant qui a porté des couches jetables sans communication sur l’élimination pendant les première années de sa vie n’a aucune conscience de son élimination quand il cesse d’en porter. Il a perdu beaucoup de sensations qu’il mettra longtemps à retrouver. Évidemment, attendre que les choses viennent de lui au maximum est la chose à faire dans ce cas.

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Feeloona

Souvent, si les parents ou tuteurs veulent que l’enfant aille à l’école le plus rapidement possible, il peut y avoir beaucoup de pression autour de ce sujet. On peut entendre des phrases comme « il faut aller aux toilettes pour aller à l’école », « les couches, c’est pour les bébés, et les bébés ne vont pas à l’école » etc … qu’il vaut mieux éviter de prononcer. Si vous avez la pression, vous-mêmes, à cause d’un délai à respecter pour l’entrée à l’école de votre enfant, essayez d’en parler avec votre conjoint ou avec un autre adulte afin de vous décharger de cette tension. Prenez du recul face à cette situation. Il est extrêmement néfaste de reporter son stress sur son enfant. Cette phobie peut être présente la vie durant, et ne jamais guérir, alors réfléchissons avant d’agir…

La peur de perte de matières

Le port de couches jetables

Lorsque des enfants cessent de porter des couches jetables après plusieurs années de port intensif (nuit et jour, sans communication à ce sujet), ils peuvent être victimes de ce qu’on nomme « la peur de perte de matières fécales ». Il s’agit d’une phobie qui les conduira à se retenir de déféquer par peur de sentir les matières fécales quitter leur corps.

Vu qu’en portant des couches, les selles étaient collées aux fesses, l’enfant acquiert la notion que les selles font partie de lui, car il ne sent plus qu’il élimine ni ce qu’il a éliminé. Ce phénomène se ressent aussi et surtout si les fesses n’ont pas été nettoyées tout de suite pour maintenir la sensation « j’ai éliminé – j’ai les fesses propres », plus que nécessaire dans l’acquisition de la continence ou dans la pratique de l’hygiène naturelle (HNI).

La constipation

Ma fille a été très constipée pendant les 3 premiers mois de sa vie et pleurait, parfois, lorsqu’elle faisait caca. Je pense que cela a beaucoup joué dans le fait qu’elle soit victime de ce phénomène, maintenant, malgré que nous pratiquions l’HNI.

Sans couches, pas de peur

Pratiquer l’HNI à temps partiel explique le fait que l’enfant ressente parfois cette peur de perte de matière. Si l’enfant est élevé avec des couches, qu’elles soient jetables ou lavables, même si à temps partiel il ne porte rien, il est susceptible de connaître un jour ce phénomène. Je pense que les enfants ne portant jamais de couches ne le connaissent pas du tout.

Ma fille a parfois cette peur, parfois pas, et va éliminer au pot.

Je ne suis même pas sûre qu’il s’agisse bien de cela. Mais ce que je vois, c’est qu’elle ne veut pas toujours aller sur le pot quand elle a besoin de faire caca, et qu’elle hurle quand je veux la changer. Là encore, cela ne se produit pas toujours comme ça.

J’ai bien essayé de la laisser revenir vers moi lorsqu’elle le désire pour que je la change, mais elle ne vient pas et repart jouer comme si de rien n’était. Je lui explique, au bout d’un moment, qu’elle a fait caca et qu’il faut le retirer des fesses car cela pourrait l’irriter si je lui laisse sa couche ou culotte salie. Parfois, elle comprend et coopère sans problème alors que de prime abord, l’expression « changer la couche » ou “se changer” la met en colère. Et parfois, elle n’est pas du tout d’accord.

Respecter l’enfant pour qu’il se comporte sainement

Suivre la demande de l’enfant

En hygiène naturelle, on essaie d’aller dans le sens de l’enfant pour l’amener à faire le lien entre excréments et toilettes. Et entre élimination et fesses propres. Et pour cela, on essaie de suivre la demande de l’enfant qui n’est pas forcément là où l’attendrait. Ses refus non plus, d’ailleurs.

Lorsque j’amène un livre ou un jouet qui plaît beaucoup à ma fille avec elle pour aller sur le pot ou pour la changer, elle est très souvent d’accord pour me suivre. Elle ne va pas toujours éliminer au pot à ce moment-là, mais peu importe. L’idée est de continuer le cheminement qui vise à comprendre qu’on élimine hors et loin de son corps. Pas parce que c’est sale, mais parce qu’il est sain de rester avec les fesses propres.

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DayronV

Mieux se connaître pour mieux se respecter (et mieux respecter son enfant)

Les excréments doivent se trouver dans les toilettes ou dans la nature, c’est ainsi. Je ne dis jamais à ma fille que le caca, c’est sale. D’ailleurs, je ne le pense pas. Je trouve cela extrêmement dégradant et je pense que beaucoup se sentiraient mieux et plus à l’aise dans leur corps s’ils n’avaient pas entendu cette phrase si banale, qu’ils répètent, et que leurs enfants pourraient répéter…

La grève du change (!)

Les familles pratiquant l’HNI rencontrent quasiment toutes un problème à un moment donné : la grève du pot.

Souvent, quand les enfants portent des couches jetables sans pratique de l’HNI, ils passent par une période où ils ne veulent plus être changés. Peut-être, comme le pensent beaucoup de parents, qu’ils ne supportent plus la couche, et c’est bien légitime. Et souvent, ces mêmes parents me disent, navrés, que leurs enfants ne veulent pas du tout aller aux toilettes ou au pot.

Je pense que beaucoup d’enfants souffrent beaucoup de leur poussée dentaire. La position allongée aggrave énormément la douleur. De plus, ils ont souvent des érythèmes fessiers, dus au port de couches jetables, pendant cette période, ce qui rend les choses encore plus douloureuses. Il est donc bien normal qu’ils rechignent à être changés.

Nous sommes bien d’accord, ils ne peuvent pas rester dans leurs excréments, là, moins qu’à un autre moment. Les selles produites pendant les poussées dentaires aggravent le phénomène d’érythème fessier. Le seul véritable remède est, non pas de barbouiller la peau d’une pâte à l’eau, mais de laisser la peau bien propre et bien sèche à l’air libre. On lave et on rince à grande eau avec un savon pour toilette intime et on tapote, surtout dans les plis, avec un linge doux et propre.

Si cela vous stresse, vous pouvez mettre une culotte de propreté ou couche lavable, ou encore un lange (non imperméable) qui peuvent être rapidement changés à chaque pipi. L’enfant qui se tient debout peut rester debout pendant le change.

Le caca, c’est sale

Le conditionnement culturel

Comme je l’explique plus haut, c’est de cette pensée qu’une grande partie du problème provient. Si le caca, c’est sale, pourquoi accepter que son enfant macère dedans ? Pourquoi, à un certain âge, lui demander le contraire de ce qu’on lui a toujours appris à faire ? A savoir, se faire dessus, et nettoyer, plus tard.

Et surtout, pourquoi lui dire qu’en fait, le caca c’est sale ? Comment peut-il comprendre la chose autrement que « ce que je fais est sale » ?

Un enfant ne naît pas incontinent

Un enfant peut nous dire, dès sa naissance, qu’il a besoin d’éliminer. C’est bien qu’il veut le faire loin de lui-même, il me semble.

Et c’est donc qu’on n’est pas obligé de lui faire porter des couches.

On peut lui montrer, tout de suite, qu’on se sert des toilettes pour faire pipi et caca. Et ce faisant, on lui inculque une valeur primordiale et tellement naturelle : tout le monde le fait, et aux toilettes, point.

Comment se traduit la phobie des toilettes

Les causes

Faire ailleurs que chez soi, pour beaucoup, et pas seulement des enfants, c’est impossible. On ne connaît pas les lieux, on a peur d’être entendu, peur de l’insalubrité qu’on rencontre dans certains toilettes publiques.

Il y a aussi les moqueries, dont certains enfants peuvent être victimes, parce qu’ils font pipi au lit, pendant un voyage scolaire, par exemple.

Il y a la peur de rester enfermé dans un WC public, ce qui m’est arrivé étant enfant. La lumière s’est, en plus, éteinte automatiquement et la panique ne m’a pas permis de la rallumer.

Il existe aussi, depuis plusieurs années, des toilettes publiques auto-nettoyantes. Une maman m’a un jour raconté que sa fille et elle étaient dedans lorsque le nettoyage automatique s’est déclenché. La petite fille ne peut plus uriner ailleurs que chez elle, ou très difficilement. Elle est parfois restée des heures entières à se retenir.

Les conséquences

Dans le cas de cette petite fille qui se retient très longtemps d’uriner, la conséquence majeure serait la cystite, voire la pyélonéphrite, alors ne prenons pas ce problème à la légère.

La constipation peut aussi en être une conséquence. A force de se retenir de faire caca, le corps ne demande plus à éliminer. L’occlusion, qui peut survenir après plusieurs jours sans aller à la selle, est une maladie qui peut être grave. Là aussi, prenons les choses sérieusement.

Êtes-vous ou connaissez-vous des gens victimes de la phobie des toilettes?

Merci pour votre partage d’expérience…

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Natacha

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