Pendant ma grossesse, j’ai lu…

pendant ma grossesse j'ai lu

Cet article participe au carnaval d’articles “Le livre à lire pendant la grossesse” proposé par Sonia du blog Danse Prénatale.

 

Pendant ma grossesse, j’ai lu plusieurs livres.

Et ils m’ont tous paru indispensables.

Je voulais pratiquer l’hygiène naturelle avec ma fille, alors bien-sûr, j’ai lu tous les bouquins sur le sujet. Notamment « Sans couches, c’est la liberté » d’Ingrid Bauer. Je ne manque pas de le citer dans plusieurs de mes articles.

Je voulais aussi parler du «Concept du continuum». C’est un livre magnifique qui m’a plongé au plus profond de mon expérience de la maternité. Mais, j’ai déjà écrit un article sur ce livre en participant à l’événement inter-blogueurs « Les livres qui ont changé ma parentalité » du blog Papa et Patron.

Aujourd’hui, je vais alors parler du troisième livre qui m’a le plus marqué pendant ma grossesse.

Le livre que j’ai lu pendant ma grossesse…

Pour une naissance sans violence

Tout est dans le titre. Enfin, oui et non.

C’est un tout petit livre de poche, qui ne paye pas de mine. Un nouveau-né en couverture vivant ses premiers instants « à l’air libre ».

pendant ma grossesse j'ai lu

J’ai su tout de suite que ce livre me plairait. Et pourtant, comme le dit si bien l’auteure de la préface, Yvonne Fitzgerald, j’apprends quelque chose de nouveau à chaque fois que je le relis. Et ça, je ne m’en doutais pas une seconde.

Les nouveau-nés crient en arrivant au monde. Et tout le monde est heureux dans l’assistance.

Et alors ? Qu’est-ce que ça a de si choquant ?

Frédérick Leboyer nous livre là le plus grand des secrets, à mon sens. Celui qui pourra peut-être changer l’humanité, si nous acceptons ses propos. Et de changer notre regard sur la naissance, et sur ces conditions.

Un gynéco transformé en auteur

Frédérick Leboyer a demandé sa radiation de l’ordre des médecins pour se convertir en écrivain.

Il affirme que c’est pour plusieurs raisons qu’il a fait cela, sans expliquer lesquelles. Moi, ce que je ressens dans ses propos, c’est souvent pas mal de dégoût pour la médecine moderne. Pour les 10 000 accouchements qu’il a réalisé certainement pas dans les conditions dont il parle dans ce livre. Ceux qu’il dit devoir « pratiquer ».

Certes, c’est un ressenti. Je parle sans savoir.

Toujours est-il que ce qu’il veut maintenant, c’est bien clair. C’est devenu un homme de lettre, un photographe, un cinéaste et professeur de musique. L’art permet une autre manière de communiquer. Mais, comme pour chaque œuvre, nous autres, pouvons en donner plusieurs interprétations, sans pour autant être sûrs de ce qu’a voulu montrer l’artiste…

L’écrire pour le dire

Ce livre, après sa première édition, en 1974, a déclenché une avalanche. Puis, plus rien. Les gens se sont habitués, certainement.

Concernant les cris des nouveaux-nés, selon l’auteur, c’est la même chose. Les gens y sont habitués. C’est normal.

Le nouveau-né, lui, ressent tout et de manière très profonde, très forte, même.

Ce que le nouveau-né éprouve

Car, oui, il éprouve des choses en naissant.

Tout d’abord, il ouvre grand les yeux, alors même qu’il n’est pas entièrement sorti du corps de sa mère. Les lumières violentes qu’on lui braque dans les yeux sont insupportables. Il ferme donc fort les yeux et crie, pour faire savoir à qui veut bien l’entendre qu’il y a un problème.

Le fœtus entend tout depuis le 5e mois de grossesse. Mais, tout est étouffé par les eaux dans lesquels il grandit. Pourtant, au moment de sa naissance, il peut entendre fort « Poussez, Madame ! » et bien d’autres phrases encore !

Il sent par sa peau, aussi. Mais là, ce n’est plus la caresse et la chaleur du corps maternel. Non, on l’enveloppe de serviettes rêches. On le frotte fort. On le prend parfois sans douceur.

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Couper le cordon

La séparation d’avec la mère se fait d’une part lors de l’expulsion, puis d’autre part lors de la fameuse « section du cordon ».

Là encore, Frédérick Leboyer s’interroge sur cette action émise beaucoup trop rapidement, à son sens.

Je ne peux que me ranger à ses côtés, et demander à l’ensemble des familles, des mères, du corps médical assistant à la naissance ou mettant au monde un nouveau-né de laisser le cordon battre jusqu’à sa dernière pulsation avant de le couper.

Le premier cri

Le nouveau-né le pousse bien, mais si nous attendons, il ne se passera plus rien ensuite. Le bébé se mettra doucement à respirer de lui-même, normalement, calmement et sans heurts.

Ce qu’il se passe à ce moment, ce que le bébé ressent, c’est une brûlure dans ses poumons qui reçoivent de l’air pour la première fois. La cage thoracique s’ouvre pour accueillir ce flot vivifiant, et permettre à ce petit être de vivre seul, par lui-même.

Pendant ce temps, certes court, mais qu’il est primordial de respecter, le cordon continue de battre pour amener encore de l’oxygène au bébé afin qu’il n’en manque pas.

Nous n’avons qu’à attendre, qu’à être là et à ne rien faire.

Pas évident, a priori.

Le facteur peur

On martèle tellement qu’un nouveau-né ne doit surtout pas manquer d’air. On le dit tellement et on parle tellement des conséquences désastreuses que cela peut avoir que beaucoup de parents, futurs parents, et membres du corps médical sont terrifiés par ce qu’il pourrait arriver. La peur de quelque chose, quand elle est mal dosée, peut être à l’origine d’un comportement inadéquat.

On peut accoucher dans l’eau sans problèmes. Le cordon continue de battre quelques minutes après la naissance. Le bébé ne suffoque pas, bien au contraire. C’est une naissance très douce. Le passage se fait en douceur, de l’eau à l’eau.

Si le bébé pousse un ou deux cris et qu’ensuite il s’apaise, tout va bien. C’est comme cela que les choses devraient se dérouler lors d’un accouchement normal. Il ne doit pas y avoir de sanglots, pas de cris forts, pas d’agitation intense. Le bébé ouvre les yeux rapidement quand tout se passe bien aussi. Ou alors c’est qu’il s’est endormi…

La naissance, une décision prise par l’enfant

Oui, c’est bien le bébé qui décide de naître. En fin de grossesse, il sécrète une hormone responsable du déclenchement du travail pour la mère. C’est bien parce qu’il ressent qu’il est trop à l’étroit, qu’il va manquer de place et donc mourir s’il reste là que le fœtus « décide » de sortir du ventre de sa mère.

Encore une fois, il est malvenu, sauf si la vie de la mère ou de l’enfant est en jeu, de déclencher un accouchement.

Les dimanches et jours fériés, ça n’existe pas encore pour les nouveau-nés !

Le corps, un fardeau pour le nouveau-nés

Il ressent pour la première fois la pesanteur. Le froid, la lumière, le bruit… Et en même temps, plus de limites. Plus rien ne retient ce petit corps. Il ressent une grande angoisse.

Alors n’ayons pas peur de le tenir tout contre nous, sur le ventre, et de le masser. Le prendre délicatement, oui, mais fermement.

Les nouveau-nés ont grand besoin de ressentir la force et l’amour dans les bras de leur mère, car c’est bien elle et seulement elle qui doit le tenir pour le moment.

Ou l’autre parent si la mère ne le peut pas.

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Le baigner pour l’apaiser

Donner un bain au nouveau-né lui fait ressentir les mêmes sensations que celles ressenties durant la vie intra-utérine. Cela l’apaise. Tant de vide, c’est angoissant. Le poids de ce corps est si lourd !

Et puis dans l’eau, on n’a pas froid, on n’a pas chaud non plus. On entend mais pas trop fort. La caresse de l’eau est parfaite. Tout est idéal.

Plonger tout doucement le bébé dans l’eau. Avec une lenteur faisant penser qu’il n’y a presque aucun mouvement.

Au sortir du bain, on procède avec la même lenteur qu’à l’entrée. On peut ensuite installer le bébé dans des langes chauds pour le sécher.

Le massage

L’auteur nous fait aussi remarquer à quel point masser un bébé dès sa naissance est important. Il ne s’agit pas de le caresser ou de le frotter. Non, il s’agit bien de masser. Toucher la peau du bébé avec un geste profond, sûr, serein, et rassurant. Soyez en pleine confiance quand vous le faites. Ou ne le faites pas.

Dans la pratique de mon métier d’esthéticienne – je l’étais avant d’être assistante maternelle (AM) -, j’ai été amenée à masser beaucoup de gens. Et en tant qu’AM, j’ai massé quelques enfants, mais bien moins que d’adultes.

Une chose est certaine, on ressent énormément de choses sur l’état physique et émotionnel de la personne massée pendant le massage. On influe sur ces choses aussi, même si bien-sûr, en tant que tels, on ne peut influer consciemment et volontairement sur l’état physique du massé. Seuls les masseurs kinésithérapeutes et/ou ostéopathes peuvent interférer avec cet état.

Toucher c’est ressentir. Masser c’est donner. Et c’est prendre aussi. Alors pour que cet échange se fasse dans les meilleures conditions, soyons sûrs de nos gestes. Restons calmes et sereins. C’est un moment de détente où une respiration lente et profonde sera votre meilleure alliée.

La naissance de ma fille

Pendant ma grossesse, j’aurais voulu que mon mari prenne notre fille en premier dans les bras quand j’accoucherai. Au moment de vérité, il ne l’a pas senti, alors je l’ai naturellement prise dans mes bras pour la sortir entièrement de mon corps et l’ai allongée à plat ventre sur mon abdomen. Là, pour me montrer que tout allait bien peut-être, elle a fait pipi et caca.

Je ne me souvenais plus de tout ce que j’avais lu pendant ma grossesse. J’étais ailleurs et bien fatiguée par cette épreuve. Mais, oui, tout s’est passé comme décrit dans ce livre, et nous avons fait cela avec beaucoup de naturel. La preuve que lorsqu’on laisse les choses se dérouler naturellement, sans intervenir, nous avons les réactions adéquates.

Je n’ai eu de cesse de demander, plusieurs fois après, et même bien après mon accouchement, à mon mari, si notre fille avait pleuré. Je le lui ai même redemandé pendant la rédaction de cet article, car je ne me souviens plus de ça.

« Elle a émis un petit cri, et ensuite elle était tranquille » m’a-t-il dit.

Je me souviens qu’il s’est penché vers elle pour lui dire bonjour et lui souhaiter la bienvenue en ce monde. C’est là qu’elle a tété son nez. Je l’ai mise au sein, peu après…

Natacha

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4 commentaires sur “4”

  1. Magnifique article Natacha! Je suis profondément émue à la lecture de celui-ci. La naissance de mon 2 eme garçon s est passée exactement comme tu le décrit. Dans une baignoire, avec quelques cris puis une peau à peau tres long et seulement ensuite le papa a coupé le cordon. Pour mon 1er garçon, Ç est une autre histoire mais elle est belle aussi à sa façon
    Merci Natacha !

    1. Merci Sonia pour ce retour d’expérience!
      C’est beau que tu aies pu vivre ça et faire vivre ça à ton bébé 🙂
      Et pour ton premier enfant, comme je le dis souvent, on fait comme on peut et avec les informations et les moyens que l’on a au moment!
      Je ne doute pas de la beauté de cette histoire car chaque naissance l’est par définition 🙂
      Merci encore pour ton invitation à ce carnaval d’articles!
      Bien à toi,
      Natacha

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