Mon enfant a 2 ans ou comment gérer le cap terrible…

mon enfant a 2 ans

Et oui, mon enfant a 2 ans, déjà !

Si vous êtes parent et que vous avez des enfants plus âgés ou du même âge, vous comprendrez tout-de-suite le sujet de cet article.

Si vous n’avez pas d’enfants, une petite explication s’impose peut-être…

Petit retour sur ma manière de materner

Pendant ma première grossesse, j’ai lu et ai beaucoup aimé “Le Concept du continuum » de Jean Liedloff. J’ai adhéré et ai appliqué ce que j’y ai trouvé.

Donc, j’ai énormément porté ma fille, en écharpe ou aux bras pendant sa première année. Je n’ai pas de poussette, elle a toujours été portée.

Lorsqu’elle a manifesté ce besoin, mon mari et moi l’avons laissée au sol, en suivant les préceptes de motricité libre.

La deuxième année, dès qu’elle en faisait la demande, ainsi que pour se promener, faire les courses, et, parfois, pour dormir, en journée, je la mettais en écharpe.

mon enfant a 2 ans
Portage dos – Natacha Guillaume

C’est un bébé qui a peu pleuré. Elle est maintenant très sereine et hyper sociable. Elle est curieuse de tout, veut tout voir, regarder, explorer, expérimenter par elle-même.

Maintenant, mon enfant a 2 ans

Elle vient de fêter ses 2 ans. Et elle est très joyeuse, pétillante, pleine de vie. Mais elle peut aussi avoir des temps de grand calme, où elle est très concentrée. C’est certain, elle est hypersensible. L’étant moi-même, je l’ai remarqué très tôt.

Elle a aussi beaucoup de caractère ! Et, depuis quelques temps, nous avons parfois du mal à rester sereins face à ses éclats de voix, à ses colères, à ses refus nets pour tout et n’importe quoi.

Cela fait quelques semaines que nous avons remarqué qu’elle était entrée dans la phase terrible des 2 ans !

Et, elle vient de passer un nouveau cap, tout dernièrement. Il faut dire qu’elle vient de faire son entrée dans un jardin d’enfants Montessori, il y a quelques jours. Elle est peut-être en train de marquer le changement…

De plus, nous attendons son petit frère pour le mois de Juillet, cela doit faire beaucoup de choses à gérer pour son petit cerveau immature.

Zoom sur la maturation du cerveau

Dès la naissance, un enfant fait énormément d’acquisitions et d’apprentissages. Tous les jours, il voit des choses différentes, découvre des nouveautés… Et tout cela participe à la maturation de son cerveau. C’est aussi extrêmement fatigant pour lui. Il faut savoir qu’un enfant de 2 ans se sert deux fois plus de son cerveau qu’un adulte… ça fait réfléchir !

mon enfant a 2 ans
MabelAmber

Bien-sûr, en tant qu’adultes, nous ne découvrons pas tout tous les jours. Et heureusement ! Nous n’avons pas besoin d’acquérir la marche tous les matins, nous savons ce qu’il se passe si nous essayons de faire entrer une forme ronde dans un trou carré, et nous savons qu’en entrant dans une boutique, on dit « Bonjour ! ».

Émotionnellement, un enfant de 2 ans passe par des phases qui peuvent paraître très violentes. Son néocortex est en plein développement. C’est la partie du cerveau qui fait que nous sommes des êtres civilisés. C’est elle qui fait que nous prenons des décisions, en conscience, que nous savons parler et communiquer de manière claire entre nous…

mon enfant a 2 ans
PublicDomainPictures

Sa maturation complète ne survient qu’aux alentours de 25 ans, pour information…

Le siège des émotions, l’amygdale a priori (tous les scientifiques ne sont pas unanimes), est une partie très ancienne du cerveau. Les animaux en sont aussi pourvus, contrairement au néocortex…

mon enfant a 2 ans
kellepics

Un enfant est très centré sur ses émotions, surtout aux alentours de 2 ans. Il comprend qu’il peut avoir de l’influence sur les autres. Il réalise qu’il est une personne à part entière et commence à prendre en compte le refus dans sa vie.

Quand je dis qu’il le prend en compte, cela veut dire qu’il réalise que cela existe. Avant un an à 18 mois, un enfant ne peut pas comprendre ni intégrer cela. C’est pourquoi il est préférable d’utiliser des phrases affirmatives pour communiquer avec lui. A deux ans, il est souvent extrêmement intolérant au « non ».

Il est dans l’immédiateté et ne sait pas encore que « non, pas maintenant, mais dans 5 minutes » veut dire que, dans un petit instant, il pourra aller jouer, manger un biscuit etc … Il comprend juste qu’on lui a dit « non ». Et comme son petit cerveau est très immature, il ressent un déluge d’émotions, qui, bien souvent, débordent…

Donc, les roulades par terre et les cris sont normaux.

Un enfant qui passe par là est en bonne santé.

Le passage est plus ou moins marqué selon les enfants. L’âge des « terrible two », comme le disent beaucoup de parents, se situe entre 18 mois et 3 ans. Ça peut durer 2 mois, 6 mois, 1 an… On ne peut pas le dire! Et on ne peut pas le prédire, non plus !

Que faire ?

C’est dur, et je vous comprends. Tous les parents passent par là. Ce n’est pas parce qu’un parent vous dit que son enfant ne le fait pas que c’est vrai. Peut-être que ce parent le vit bien.

Ou encore que cet enfant n’est pas entré encore entré dans la phase.

Ou peut-être qu’il a très peu marqué cette période.

Le premier point, et non des moindres, est de vérifier que tous les besoins de l’enfant sont comblés.

Les voici, pour rappel :

  • respirer
  • boire
  • manger
  • éliminer
  • se mouvoir
  • dormir
  • se vêtir
  • maintenir sa température corporelle
  • être propre
  • éviter les dangers
  • communiquer (j’en parlerai plus longuement plus bas)
  • apprendre
  • se divertir
  • agir selon ses croyances
  • s’occuper en vue de se réaliser
  • être aimé

Si un de ces besoins n’est pas comblé, l’enfant est bien plus à même de faire une crise de colère, de crier, de se rouler par terre, de vous provoquer pour attirer votre attention… c’est naturel! Alors commençons par-là…

On peut aussi ne pas faire certaines choses, pour alléger notre peine :

  • ne pas surenchérir quand l’enfant est en colère (oui, c’est dur, car la moutarde monte au nez, des fois)

Il ne veut pas ranger ses chaussures dans le placard ? Il préfère aller jouer tout-de-suite ? J’essaie d’éviter le chantage, dans ces cas-là.

Je la laisse aller vers les jouets, je respire un bon coup, si besoin (je le fais systématiquement, maintenant, car ce n’est jamais de trop), puis je m’approche gentiment d’elle, me met à sa hauteur, et lui réexplique de manière claire et concise « Il faut aller ranger les chaussures dans le placard avant de jouer, s’il te plaît ».

mon enfant a 2 ans
polianapoltronieri

Je dirai même que, plus les explications sont courtes, plus vous aurez d’impact. Cela peut déranger ou impressionner mais, dire « chaussures placard ! » à son enfant n’a rien de violent, au contraire. Ce n’est pas un ordre qu’on donne à un sous-fifre que l’on prend pour un demeuré.

Les enfants à cet âge sont en pleine acquisition du langage. Leur vocabulaire peut encore être restreint. Plus on ira à l’essentiel dans nos explications, plus le message sera à même de passer. Bien-sûr, le reste du temps, je parle normalement. J’utilise cette méthode quand ma fille ne m’écoute pas. Ce qui fonctionne le mieux, donc, sont les explications (les chaussures me gênent si elles restent ici) et la formulation d’un désir clair et concis (chaussures placard, s’il te plaît).

 

  • Nommer l’émotion pour que l’enfant se sente compris

« Tu es très frustré car tu voulais refaire un tour de manège ? Je comprends. Seulement, maintenant, nous devons rentrer à la maison. »

Et, dans ce cas, j’essaie de prendre mon enfant dans les bras, quand je sens que la colère déborde « de trop ». En effet, être contenu dans un moment de “crise” permet à l’enfant de décharger l’émotion en se sentant en sécurité.

Si elle refuse, je la laisse à terre et tente de l’accompagner par une main sur le dos ou l’épaule. Parfois, elle refuse ça aussi. C’est son droit, je le respecte.

Du vécu

Dernièrement, je l’ai amenée faire un tour dans le petit train de ma ville. Lorsque la balade a été terminée, elle a voulu recommencer. Mais c’était impossible, car c’était la fin de la journée pour le conducteur. Elle est restée un moment allongée sur le ventre en plein milieu de la place où le train attends les visiteurs. J’étais embêtée car c’est un parking avec pas mal de passage. Et aussi, en raison du regard des autres. Mais, je me suis mise dans ma bulle avec elle, et c’est passé. J’ai tout fait pour qu’elle soit en sécurité physique et émotionnelle…

L’aider à comprendre l’incompréhensible

En nommant l’émotion, on permet à l’enfant de mettre des mots sur ce qui lui arrive. Il comprend mieux ce qu’il se passe en lui. Cela peut s’avérer être une tornade, parfois. Il acquiert également plus de vocabulaire, alors, n’hésitez pas à varier les plaisirs. La colère peut être de la frustration, la peur de l’anxiété, la joie de l’extase… il y a tout un panel de mots à explorer pour nuancer ce qu’il se passe à ce moment-là.

Le pouvoir de l’empathie

Mettre des mots sur ce que l’enfant vit permet aussi de relativiser. Nous ressentons de l’empathie pour l’enfant car cela nous ramène à nos propres émotions. Et cela nous rappelle peut-être aussi une situation vécue. Nous sommes plus à même de réagir avec douceur et bienveillance !

  • Reformuler la demande afin d’être sûr d’avoir bien compris

Un enfant, aux alentours de 2 ans, ne possède souvent que peu de vocabulaire. Parfois, il dit un mot, et nous sommes tentés d’interpréter cela avec nos envies d’adultes, qui font partie de la vérité que nous nous sommes crée. Le monde d’un adulte et celui d’un enfant n’ont rien à voir, ne l’oublions pas.

mon enfant a 2 ans
Engin_Akyurt

Donc, si un enfant qu’on amène au parc voit un autre enfant avec un ballon, par exemple, et qu’il s’écrie « ballon », cela ne veut pas forcément dire qu’il veut prendre le ballon à cet enfant.

Dans ce cas, j’essaie de dire à ma fille « ah oui, je vois le ballon que tu me montres ! ». Et, bien souvent, ma fille va jouer ailleurs, avec un autre jeu.

Erreurs d’interprétations

Pour rejoindre le premier conseil donné qui est d’éviter de surenchérir, tentons d’abord de comprendre ce que veut nous dire l’enfant, avant de partir dans des interprétations comme « non, tu n’auras pas le ballon, il n’est pas à toi ! »… Ce cas de figure est extrêmement courant. L’enfant pourra se mettre en colère, et sera complètement impuissant. Ce qu’il a voulu dire n’a pas été compris. Il n’y a rien de plus frustrant, surtout si l’on est accusé à tort.

Parfois, l’enfant dira « ballon » car il cherche effectivement à avoir le ballon. Là aussi, restons sur nos gardes. Il ne cherche pas à « prendre » le ballon des mains de cet enfant. Il voit simplement cet enfant s’amuser avec le ballon et veut, lui aussi, éprouver ce plaisir avec ce jouet.

Écouter le besoin profond

Le cas classique est quand l’enfant prend un jeu des mains d’un autre enfant, « qui l’avait avant ». Il peut abandonner le jouet dans l’instant où il se retrouve dans ses mains. Et là, le parent pourra dire « tu lui as pris des mains par jalousie, en fait, tu n’en voulais pas vraiment ». Beaucoup de crises surviennent comme cela. Je comprends bien ces parents qui ne peuvent interpréter cette situation que de la manière qu’ils ont toujours connue : celle que leurs propres parents ont eu à leur encontre quand ils étaient enfants. Mais nous nous trompons… tentons de voir derrière ce qui apparaît de prime abord.

En reformulant, peut-être parviendrons-nous à comprendre ce que cherche réellement l’enfant : «Tu voudrais t’amuser autant que cet enfant avec le ballon ? Je te comprends, c’est vrai qu’il est beau ce ballon. Peut-être que tu pourrais lui demander s’il veut bien jouer avec toi ? ». Et si cela n’aboutis pas, tentons de réagir comme précédemment. En accompagnant l’enfant, aux prises avec ses émotions et en les nommant. Après tout, c’est la vie, nous n’avons pas toujours ce que l’on veut.

Mieux vaut prévenir que guérir

Je ne préviens pas mon enfant trop à l’avance, cela l’agace et à l’effet inverse de celui recherché : elle refuse en bloc ce qu’on lui dit on demande de faire.

Je pense qu’il est préférable de dire 1 minute avant l’échéance pour un enfant de 2 ans par exemple « bientôt, nous allons rentrer à la maison » (en partant du parc par exemple)

Parfois nous avons envie de dire « tu peux faire un dernier tour de toboggan, et ensuite nous partirons ». Avec mon enfant, cela ne fonctionne pas du tout. Je pense qu’il y a trop d’informations données, et cela l’embrouille. Elle peut se mettre très facilement en colère.

Quand je la vois monter sur le toboggan et que je voudrais m’en aller je lui dis alors « dernier tour ! ». Puis, quand elle a fini son tour, je dis « on rentre à la maison, maintenant ! ». Cela peut paraître un peu expéditif, mais je sens qu’à son âge elle a besoin qu’on ne tourne pas autour du pot. Et puis, être convaincu soi-même, c’est le secret pour convaincre les autres, non ?

En conclusion

Ainsi, nous comprendrons qu’un enfant de 2 ans ne manipule jamais, ne cherche jamais à faire du mal, ne ment pas… Il ne connaît pas tous ces concepts, son cerveau est trop immature !

Et c’est tout ?

Oui, c’est tout ! Si vous arrivez déjà à faire tout ça, ça changera votre relation avec votre enfant.

La phase terrible des 2 ans s’apaisera mais on ne peut pas la bloquer ni l’empêcher, car elle est naturelle et nécessaire au développement du cerveau.

J’espère que ces quelques conseils et témoignages personnels vous auront permis d’y voir plus clair. J’espère lire, à mon tour, vos retours d’expérience dans les commentaires! Merci 🙂

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Natacha

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2 commentaires sur “2”

  1. cette façon d’aborder l’enfant m’émeut! ça ne devrait pas m’émouvoir tant, ça devrait être la norme mais avoir cet approche dans ce monde si dur avec les enfants est vraiment signe d’un sens de l’amour très développé en vous…
    Cette façon d’être avec son enfant est exactement la manière dont j’ai envie d’être avec ma fille et d’ailleurs aussi petite qu’elle soit pour le moment je fais déjà très attention à tout cela. Là où certains pensent qu’il faut “éduquer” dès le plus jeune âge (avant de savoir marcher) je sais pertinemment que le mot “non” n’a encore aucun sens à ses yeux et évite de l’employer… (c’est très rare, je ne l’utilise pas volontairement parfois il sort tout seul sans réfléchir et c’est le mieux) Je pourrais dire consciemment “non” pour lui “apprendre” par exemple : “non, ne tire pas mes cheveux” ou encore “non n’attrape pas mes lunettes car elles sont fragiles et coûtent chers”… mais c’est beaucoup trop tôt en effet, ça n’aurait aucun sens. Je pense comme vous qu’il faut vraiment respecter les étapes, les aptitudes de l’enfant se développeront d’elles-mêmes sans enseignement forcé… Dans le même principe, je ne compte pas un jour dire à ma fille “dis bonjour à la dame” … Elle sera polie car son père et moi le serons et usera des mots de politesse quand sa maturité et sa compréhension de ces choses le lui permettra…

    1. Bonjour Laurie,
      encore une fois on se rejoins dans notre façon d’aborder l’éducation de nos enfants.
      Je ne suis pas parfaite, moi aussi j’ai dis “non”, et je continue de le dire un peu trop sèchement parfois. Même si ma fille comprend je sais que cela ne fais que créer et aggraver sa colère. Mon mari et sa sagesse légendaire me le rappellent avec une bienveillance rare quand cela survient. Je sais alors que je dois m’éloigner et passer la main afin de retrouver mon calme et ma bienveillance…
      Un jour mon mari m’a dit “C’est bien que tu lui aies appris à dire “merci” “. J’ai répondu “Comment? Je ne lui ai jamais appris ça! Elle le dit parce-que nous le disons”. Il a eu l’air étonné, mais heureux, c’était touchant!
      Finalement, c’est exactement comme vous le dites : respectons les étapes par lesquelles l’enfant passe. C’est lui qui nous guide. Tout ira bien 🙂
      Merci de votre commentaire,
      Natacha

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