La pratique de l’HNI avec d’autres personnes que la mère

l'HNI avec d'autres personnes que la mère

Souvent, l’hygiène naturelle (HNI) est une aventure dans laquelle on se lance parce que la mère en a fait la demande. Évidemment, il y a des moments où l’enfant sera avec son autre parent, ou gardé par ses grands-parents, tantes, oncles, les amis de la famille…

Alors, qu’en-est-il, à ce moment-là ? Comment la pratique de l’HNI avec d’autres personnes que la mère se passe-t-elle ?

Ma philosophie du parentage

Vous me connaissez si vous suivez mon blog. Vous savez que je n’aime pas l’idée de penser que seule la mère doit s’occuper de l’enfant. Pire, que seule la mère sait s’occuper de l’enfant.

L’instinct maternel

Je pense que la mère, de par une proximité souvent plus grande, surtout si elle a porté l’enfant en son sein, acquiert une connaissance plus profonde des besoins de son enfant. C’est naturel et c’est sans sexisme que j’affirme ceci.

Bien-sûr, les femmes étant faites pour donner la vie, elles sont naturellement pourvues d’un instinct (le fameux instinct maternel ?) qui leur permet de déceler les besoins d’un bébé, de s’y attacher très rapidement, et d’avoir besoin de s’en occuper.

A notre époque, il y a une pression énorme qui est posée sur les épaules des femmes quant à la procréation. Nous pouvons nous procurer des contraceptifs, nous avons accès à tout le matériel possible et imaginable pour nous aider dans cette tâche… Finalement, les mentalités n’ont pas vraiment évoluées. Cela reste normal et attendu d’avoir un enfant pour une femme, entre 25 et 35 ans.

On peut donc s’attendre à ce que beaucoup s’affirment, et même se rebellent en repoussant cet instinct d’une manière ou d’une autre. L’idée qu’elles aient à avoir et à s’occuper d’une bébé un jour leur ait intolérable.

L’intuition

Un des outils de l’HNI

Dans la pratique de l’HNI, l’intuition, un des 4 outils pour nous aider dans cette communication, est très importante. Il me semble qu’elle l’est dans tous les aspects du maternage.

Une grande proximité physique et émotionnelle est primordiale pour l’acquérir.

Avoir confiance en son intuition

Les peuples vivant de manière traditionnelle ont un grand respect pour cet instinct et il ne leur viendrait jamais à l’idée de douter ou de remettre en cause une intuition qui leur viendrait subitement dans leur manière de s’occuper de leur bébé.

En Occident, nous n’avons que peu d’égard envers cette intuition. Et c’est bien dommage.

Nous sommes tellement habitués à ce que tout soit scientifiquement prouvé, et à laisser Docteur X ou Professeur Y, qui ne nous connaît pas, ni ne connaît notre enfant, juger de ce qui est bon ou mauvais pour lui, parce qu’il est médecin et que les médecins ont une grande autorité, de nos jours, par chez nous.

Quand l’intuition nous guide

Quand mon enfant est malade, je le sais tout de suite. Bien-sûr, n’étant pas médecin et si son état s’aggrave (elle a toujours le même type de maladie, le diagnostic et le traitement ne changent jamais), je l’amène chez le médecin car je n’ai pas les compétences nécessaires pour la soigner.

Mais avant ça, je la porte beaucoup et/ou la garde près de moi, je lui fais des bains dérivatifs en la laissant totalement sans couches pour faire baisser sa température. Si elle a une douleur, je la soulage en lui donnant un anti-douleurs léger. J’essaie de ne pas bloquer le processus de la maladie mais d’accompagner mon enfant vers la guérison, sainement et naturellement, tant que possible.

Un jour, une maman m’a dit « Il faut que l’immunité se fasse, et donc, certains enfant tombent souvent malades ». C’est le cas de ma fille qui est malade à chaque fois qu’une dent perce (les poussées dentaires s’enchaînent sans cesse depuis sa première dent). J’ai pensé « Peut-être que certains enfants font leur immunité sans nécessairement tomber malade tous les mois. Il me semble surtout que l’immunité se fera correctement si je laisse la nature faire son travail afin que son petit corps soit solide et sache combattre seul, plutôt que de la bourrer de cachetons à tout va ».

Ce peut-être difficile, il faut résister à la pression de l’entourage et rester serein et confiant dans les choix qu’on fait.

Et surtout, accepter que son conjoint, ou l’autre parent de l’enfant ait une vision différente. Et qu’il fasse différemment, donc.

La pratique de l’HNI avec d’autres personnes que la mère

Avec l’autre parent

Quand j’ai parlé pour la première fois de mes souhaits de HNI à mon mari, il était un peu perpexple, pour parler poliment.

Il y a pas mal d’incompréhensions sur le sujet, il faisait parfois des réflexions négatives et je le prenais mal. Pas le meilleur moyen de communiquer sainement sur ce sujet.

Les fois où il a voulu suggérer à notre fille de faire ses besoins, je l’ai laissé totalement faire. Je répondais à ses questionnements, mais sans plus. Je ne voulais pas le braquer, ni le vexer. C’était aussi un moyen de m’ouvrir à d’autres perspectives, et ça a marché. Il a vu des choses que je n’avais pas remarqué. A mené une réflexion différente de la mienne. Et finalement, c’est à deux que nous avons pu apprendre à connaître notre enfant autrement, par le biais de cette pratique.

l'HNI avec d'autres personnes que la mère

Chez les peuples « primitifs »

Les peuples vivant de manière traditionnelle, en village notamment, sont plusieurs pour s’occuper des bébés. La fratrie entière (5 frères et sœurs minimum) et les autres mères s’occupent régulièrement du bébé. Autant d’esprits avec leurs intuitions à apporter leur pierre à l’édifice. Autant de façons différentes de voir les choses, par une relation qui elle est, certes, différente à chaque fois. L’un va se focaliser uniquement sur les signaux pour suggérer, l’autre se repose plutôt sur son intuition. Chacun va remarquer des signaux différents. Va mettre le doigt sur un schéma dans les rythmes du bébé dont l’autre ne s’était pas rendu compte.

Ce qu’il en est dans nos sociétés

Chez nous, il est bien-sûr plus difficile de mettre cela en pratique. Nous n’avons que 2 ou 3 enfants. Aussi, nous ne pratiquons l’HNI qu’avec un seul ou deux enfants, pour les mieux informés et armés. Enfin, nous travaillons à l’extérieur et pratiquons à temps partiel. Les grands-parents vivent séparément de nous.

Les voisins ne prennent pas part à l’éducation de nos propres enfants. Et je n’aimerai pas que cela change. Je suis contente d’être seule avec mon mari à décider de l’éducation que nous voulons offrir à nos enfants. Il faut aussi dire que notre éducation a fortement évolué par rapport à celle d’un enfant vivant dans un village traditionnel. Et nos mentalités ne sont pas adaptées pour nous occuper de cette manière des enfants.

Beaucoup de personnes ont un grand manque affectif à combler. Il est hors de question pour moi de laisser mon enfant (en tant qu’enfant) en contact, même bref, avec des personnes ressentant ces troubles. C’est très courant et je me soigne moi-même pour certaines névroses. En tant que parent de mon enfant, c’est ainsi et je l’ai voulu, je m’occuperai de mon enfant en essayant de la charger le moins possible de mon bagage émotionnel et de mes propres schémas négatifs récurrents.

Le point de vue d’une experte

Dans « Le concept du continuum », Jean Liedloff fait souvent allusion à cela. Elle explique que les bébés grandissent et s’épanouissent sans heurts et deviennent des adultes heureux et responsables, sans manque affectif, quand on leur apporte ce dont ils ont besoin.

Ce peut être le cas quand soi-même on a eu ce dont on avait besoin étant petit :

De l’amour inconditionnel

Être porté sans cesse jusqu’à 1 an

Que ses besoins aient été écoutés par une grande proximité jusqu’à 2 ans

Avoir pu prendre ses propres décisions

Juger soi-même de ce qui est bon pour soi à partir de 2 ans

Ne pas avoir été influencé de quelque manière que ce soit dans ses choix et enfin

Que ses demandes n’aient pas été devancées.

Bref, on est encore loin de cela. Le respect du continuum d’un bébé par chez nous est loin d’être évident. Chacun fait comme il le peut, avec ses informations, ses capacités, ses limites.

Mais il est certain que toute personne voulant s’occuper sincèrement des besoins d’élimination d’un bébé a quelque chose à apporter dans cette magnifique expérience. Nous avons tout oublié et tout est à réapprendre. Alors, quand c’est le cas, ouvrons nos esprits pour apprendre d’une autre personne tentant de mettre en avant ce qu’elle ressent pour faire avancer le processus d’acquisition de la continence de l’enfant.

Et, chez vous, comment cela se passe-t-il ? Êtes-vous seul(e) à pratiquer l’HNI avec votre enfant ou le faites-vous en couple ?

Avez-vous déjà laissé une autre personne s’occuper des besoins d’élimination de votre bébé ? Comment cela s’est-il passé ?

Partagez tout cela dans les commentaires, si le coeur vous en dit !

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Natacha

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