La naissance de mon bébé : suite et fin

la naissance de mon bébé

On reprend où on en était hier. Souvenez-vous, j’attendais le verdict de ma sage-femme…

YES ! La naissance de mon bébé, c’est bien pour aujourd’hui ! Je vais accoucher dans les heures qui suivent, et, ENFIN, voir le visage de mon bébé.

Le moment où j’ai décidé que j’accoucherai naturellement

Ma sage-femme m’installe un monitoring, prend ma tension etc etc …

Après tout ça, je lui dis que je vais me faire couler un bain. Pendant que la baignoire se remplit, je dis au revoir à ma fille, que mon mari va emmener chez son éducatrice. Je suis complètement sereine après son départ : elle est entre de bonnes mains et moi, je n’ai plus qu’à penser à mon bébé et à moi !

la naissance de mon bébé
earthroom

Je passe un cap

Je reste debout pendant ce temps, car je ne supporte plus d’être allongée. Lorsqu’une contraction arrive, je ressens maintenant très bien la « vague », si bien décrite par de nombreuses femmes ayant donné naissance. Je mets mon avant-bras sur le mur et mon front posé dessus. Je souffle fort et commence à faire des sons plus ou moins bruyants…

Ma sage-femme appuie sur certaines zones de mon dos pendant les contractions. Elle est également ostéopathe… ça aide ! Et ses manipulations aussi !

Elle fait des sons graves, un peu comme si elle imitait le cri du loup, pendant que j’ai une contraction. Je l’imite et me rend compte que c’est apaisant.

la naissance de mon bébé
mohammed_hassan

Séance de relaxation

Le bain maintenant prêt, je m’y plonge et me laisse guider par la voix de ma sage-femme qui me propose une séance de relaxation. Elle me verse de l’eau sur le ventre pendant ce temps. C’est très agréable, je me sens détendue, en train de cheminer vers l’intérieur de moi-même.

Je sens un déclic à un moment donné. Une contraction méga forte me fait tendre les jambes et lever les fesses à tel point que je sors quasiment tout mon corps de l’eau. Moi qui avait bien du mal à me déplacer vers la fin de la grossesse…

A ce moment-là, je le sais : mon bébé naîtra naturellement. J’ai entièrement confiance en la sage-femme qui m’accompagne pour cela. J’ai confiance en mon conjoint, et j’ai confiance en moi.

Dans ma bulle

Lorsque mon mari réapparaît, je suis totalement dans l’instant présent, sous l’effet de l’endorphine et de l’ocytocine. Il me dit qu’il est désolé mais que l’éducatrice qui s’occupe de notre fille lui demande à quelle fréquence doit-on lui donner ses médicaments pour sa bronchite… Je réponds machinalement, car je me sens imperturbable. Tout-de-même, je lui demande s’il a bien compris : il acquiesce, je retourne dans ma bulle.

la naissance de mon bébé
Pexels

Chant prénatal

Il se joint à ma sage-femme pour une séance de vocalises pendant que j’ai des contractions. C’est génial car mon mari a une voix très grave – c’est ce qui m’a fait craquer chez lui 🙂 – et c’est exactement ce qu’il faut pour m’aider à «m’ouvrir».

Si j’ai un troisième bébé, j’aimerai faire du chant prénatal…

Départ

Ma sage-femme me demande à présent si je veux bien qu’elle m’examine. Elle dit que je suis en tout début de travail, dilatée à 3 cm. Si je le veux, on peut appeler la maternité pour les prévenir qu’on arrive afin qu’ils fassent couler l’eau dans la baignoire. Elle me dit qu’on peut aussi rester ici car on a un peu de temps, encore.

Je lui réponds que je préfère qu’on y aille car je commence à bien sentir les contractions et que je redoute le trajet. Nous habitons à 25 minutes de l’hôpital et la route est sinueuse. J’ai fais le bon choix, car j’ai mal pendant qu’on roule.

Le trajet de la mort qui tue

Mon mari est très stressé, il râle sur tous les automobilistes qu’il trouve trop lents (tous, quoi). Dit plein de gros mots. Fait des accélérations très nerveuses dès que je commence à avoir mal.

Je lui dis de rester calme. Après coup, il me dira que c’était facile à dire mais qu’en m’entendant hurler ainsi de douleur, il stressait beaucoup. A moi, de crier, ça me faisait du bien. Je me souviens que, lorsque j’étais en train d’accoucher de ma fille, j’ai très peu crié, même quand j’avais très mal, à la fin. D’ailleurs, je me souviens avoir beaucoup moins bien vécu cela que pour cet accouchement-ci.

la naissance de mon bébé
fxxu

Examen à distance

Ma sage-femme, qui nous suivait avec sa voiture, elle, me dira qu’elle a su quand j’avais des contractions en observant la conduite de mon mari. Elle a donc vu que les contractions se rapprochaient, ce qui est normal en voiture mais qui, pour autant, ne signifie pas que c’est efficace. Elle a aussi eu peur de se faire arrêter par la police, car on ne respectait pas du tout les limitations de vitesse, ce qui aurait été bien embêtant !

Arrivée

Nous arrivons à la maternité. On m’amène un fauteuil roulant et on me conduit au 2e étage par l’ascenseur. Je sens une odeur de nourriture dans l’air : j’ai faim ! On dit qu’une femme qui se met en travail ne mange pas. Et bien moi, j’ai beaucoup mangé ce jour-là, et, si je n’avais pas été paralysée par les sensations fortes, j’aurais encore pu manger un bon repas…

Mon mari va aux admissions et me rejoindra un peu plus tard.

A l’entrée de la salle nature m’attend l’auxiliaire de puériculture. Elle me sourit. J’entre et me déshabille sur le champ. Je sais que je suis complètement sous l’effet des hormones de l’accouchement car je ne me soucie absolument pas de qui est là, et de qui fait quoi. Je sens bien qu’il y a un petit peu d’agitation, mais c’est tout.

Un bon bain

Une fois à poil, j’entre dans la baignoire. C’est super chaud !

Je me mets tout-de-suite à quatre pattes. La chaleur de l’eau est un peu forte mais apaisante, tout-de-même. Je pose (j’écrase…) mon front contre le rebord de la baignoire et j’écoute ma sage-femme qui reprend les sons graves pendant les contractions. Et me joins de nouveau à elle. Je me sens bien mieux que dans la voiture. On peut reprendre les choses là où on les avait laissées…

la naissance de mon bébé
StockSnap

Dernière ligne droite

Au bout de quelques minutes, je sors précipitamment de l’eau en décrétant que j’ai trop chaud. Ma sage-femme m’expliquera plus tard que lorsqu’une femme fait cela, c’est que ça sent la fin.

Je monte sur la table. Je me remets à quatre pattes, je crois. Les contractions sont tout-de-suite beaucoup plus violentes. Ça me cloue sur place.

la naissance de mon bébé
LeoNeoBoy

Désespoir

Je me mets sur le côté et dis que j’ai mal, que je suis fatiguée. A ce moment-là, je me dis que je ne vais pas y arriver. Je pense que je veux une péridurale.

Ma sage-femme me dit que c’est normal de ressentir ça, que je suis dans la « putain de phase » : les contractions s’enchaînent. Elle dit que bientôt, j’entrerai dans la phase de désespérance. Cette phase est celle où la femme qui accouche a envie de mourir. Elle précède de quelques minutes la naissance du bébé.

Elle dit que mon bébé a pris le TGV et que la dilatation est presque terminée. Je ne réagis pas, ne réalise pas…

La sage-femme de l’hôpital me demande comment je veux me mettre. Je lui dis que je n’en sais rien car j’ai mal tout le temps. Elle me dit que c’est bientôt fini.

What ? Elle dit ça pour me rassurer ou c’est vraiment vrai ?

Bizarrement, aucune des deux options ne me plaît vraiment…

Surprise

Pas le temps de réfléchir, j’ai l’impression de bondir une seconde après! Je me mets d’un coup à quatre pattes. Une contraction survient et je crie tellement fort que ça me surprend moi-même. Et là, je m’entends grogner pendant la contraction.

Ça y est, j’y suis. Je la sens maintenant : la fameuse « poussée impérieuse ». Ces grognements m’annoncent que mon bébé va bientôt naître.

Accepter de mourir pour donner la vie

A la contraction suivante, c’est un autre son de cloche. Je sens maintenant parfaitement bien mon bébé qui appuie sur mon périnée. Je grogne comme un animal tellement la douleur est forte. Ça brûle !

Je sens que ma sage-femme applique des compresses chaudes sur le périnée. Ça me soulage. Je lève la tête et vois que mon mari me sourit, ça aussi, ça me soulage et me donne de la force 🙂

La suivante, pareil. Et là, je pense que mon bébé a passé sa tête.

Grossière erreur dont je me rend compte une seconde après, lorsqu’il passe réellement sa tête, cette fois-ci.

Je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie

la naissance de mon bébé
12019

Je m’égosille et je sens que je ne peux pas reprendre ma respiration car la tête met un moment à sortir. J’ai l’impression de me déchirer et cette sensation me désespère. J’ai envie de mourir tellement j’ai mal.

Une fois la tête passée, j’entends la sage-femme de l’hôpital qui me dit « Il faut m’écouter maintenant, vous devez vous mettre sur le côté». Je m’exécute en entendant une pointe de stress dans sa voix. Je ne sais pas depuis combien de temps elle me demande ça mais je n’avais rien entendu avant.

Ma sage-femme m’a expliqué plus tard que les épaules « ne passaient pas » et que, vu le protocole de l’hôpital, elle devait intervenir pour aider le bébé à les passer. Elle m’a aussi expliqué qu’à la contraction suivante, cela se serait décoincé tout seul mais que, vu le gros effort que je venais de fournir, la contraction en question serait survenue un moment assez long après, le corps ayant besoin de recharger les batteries un minimum.

Premier regard

Je me remets à quatre pattes et là, je sens que quelque chose d’énorme quitte complètement mon corps. La sage-femme me dit que je peux attraper mon bébé mais je n’y arrive pas. Je ne peux plus bouger, j’ai eu trop mal.

Elle pose le bébé à côté de moi, je le regarde, et là, il se passe ce que je sais être le choix instinctif, primitif de la mère. Le moment où l’on décide si on va s’occuper de ce bébé, ou pas. Ma sage-femme m’a expliqué que bien évidemment, cela est inconscient mais que nous faisons réellement ce choix, comme tous les autres mammifères.

Bien qu’ayant trouvé mon fils un peu gris, et pas très beau, je décide que je vais le garder.

Je le prends dans mes bras, me mets sur le dos et le pose près de mon sein, sur mon ventre.

Délivrance

Je sens tout-de-suite une contraction arriver et en réfère à ma sage-femme. Elle est contente, la délivrance va avoir lieu. Elle m’explique que je vais sentir comme un gros truc doux et chaud sortir, cela ne fera pas mal. Et je le lui ai confirmé quelques secondes après.

Je regarde mon bébé dans les yeux et j’ai toujours l’impression de rêver. Il est si beau maintenant qu’il a retrouvé des couleurs. Sa petite tête est toute rose et grosse comme un melon. Ses bras tout potelés et sa peau toute douce. Je tombe en amour…

Pendant qu’il cherche mon sein, je regarde mon homme et lui sourit. Je suis heureuse mais je n’en crois pas mes yeux. Je lui demande si c’est réel ou si je rêve. Il me le confirme : mon bébé est bien dans mes bras, j’ai bien travaillé !

Et nous avons bien fait d’aller à la maternité dès que la sage-femme nous l’a suggéré, car une heure après être partis de la maison, je tenais mon bébé dans les bras 🙂

la naissance de mon bébé
Orangefox

Quelques temps après, on me demande si on peut aller peser le bébé. J’acquiesce et tend ce petit paquet à mon mari. Nous sommes étonnés par autant de maladresse de notre part à tous les deux. 27 mois c’est peu et c’est pourtant assez long pour avoir tout oublié sur ces petites choses! Et en fin de compte pas si petit : 4,370kg!!!

Quand on me demande, encore une fois, si pour un 3e enfant j’accoucherai naturellement, je réponds sans hésiter que je voudrai que tout se passe exactement comme pour la naissance de mon bébé. C’était extraordinaire!

Si vous aimé cet article, cliquez sur “J’aime”, commentez-le et partagez-le. J’espère avoir des retours et connaître, moi aussi, un peu de votre expérience 🙂

Vous pouvez également vous abonner pour ne rater aucun de mes prochains articles. Cliquez sur “abonnez-vous” après avoir renseigné votre adresse électronique. A bientôt!

Natacha

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    13
    Partages
  • 13
  •  
  •  
  •  
  •   

​Merci d'avoir lu
cet article !

En complément, vous êtes libre de recevoir gratuitement le guide "Surmonter les 4 peurs de base​ des familles pratiquant l'hygiène naturelle" qui vous aidera à :

  • garder le lit sec pendant le sommeil ;
  • sortir de la maison sans couches et sans stress ;
  • gérer votre peur du regard des autres ;
  • rester serein face aux ratés et aux régressions


4 commentaires sur “4”

  1. Bravo Natacha pour ce joli et émouvant récit ! Et bravo pour le courage que tu as eu. Cette douleur est vraiment intense , je m’en souviens encore exactement comme tu la décris. J’ai aussi poussé dés son graves qui m’ont beaucoup aidé mais les mouvemens de danse ont aussi aidé à accélérer le travail, à ouvrir les détroits du basin .
    Enfin, c’est super de couper le récit en deux , j’avais oublié cette possibilité !
    Sonia danse prénatale

    1. Coucou Sonia 🙂
      et merci de ton commentaire.
      J’ai pas mal bougé mon bassin, fait des mouvements de balancier pendant le travail mais j’aurai été incapable de danser. Je ne voulais pas/pouvais pas bouger plus, et par moments j’étais presque immobile. J’ai pensé à la danse en tout début de travail mais déjà à ce moment-là, ça me paraissait compliqué… pas préparée à ça, certainement!
      J’ai beaucoup hésité à couper le récit en 2 et en fin de compte je me suis dit que 3000 mots d’une traite ça ferait beaucoup pour les lecteurs. Une raison de plus pour les plus motivés de revenir par ici 🙂
      Bises 🙂
      Natacha

  2. J’ai adoré lire votre expérience ! On comprend les magnifiques côtés à vivre l’accouchement naturel ! Cette douleur… Quel courage et force vous avez !!
    Je suis encore très (très très) indécise quand au déroulé que je souhaiterais pour mon deuxième accouchement prévu pour mars. L’idéal pour moi serait exactement le même que pour mon premier
    bébé mais je ne suis pas sûre que ce soit possible en France… Lors de mon premier accouchement, aux USA et après 34h de travail, dont 16h sous péridurale, mon obstétricien (celui qui m’a suivi durant toute ma grossesse était le même qui m’a aidé à accoucher à la clinique) m’a encouragé à pousser durant les 2h16 qu’à duré la délivrance. Pas d’instrument, beaucoup de tranquillité et surtout on m’avait prévenue : au bout d’un certain temps, j’allais sentir le besoin de dormir quelques secondes, entre deux contractions (entre deux moments où il fallait pousser) et je devais le faire, écouter mon corps. C’était un accouchement sans douleur, je sentais mon bébé passer et malgré les plus de 48h sans dormir (pas vraiment puisque je ronquais entre deux poussées 😉), la douleur des contractions avant la péridurale et l’effort, je me sentais plutôt “en forme” quelques heures après avoir tenu mon bébé dans mes bras pour la première fois.
    Merci pour votre récit et j’espère vous lire à nouveau bientôt !

    1. Bonjour Cécilia 🙂
      merci de votre commentaire!
      Félicitations pour votre bébé à naître, je n’étais pas au courant! Depuis le temps qu’on ne s’est pas parlées, c’est un peu normal…
      Effectivement, un accouchement comme ça en France, c’est pas vraiment possible, pas à l’hôpital en tout cas. Une perfusion d’ocytocine aurait au moins été posée, à mon avis!
      Et 2h16 pour l’expulsion, là pareil, c’est de l’utopie, en France.
      Waouh, en tout cas, ça change de lire ce genre de retour d’expérience. Je ne savais même pas que c’était possible…
      Natacha

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.