Pratiquer l’HNI sans couches

HNI sans couches

Contrairement aux idées reçues, l’hygiène naturelle infantile (HNI) peut se pratiquer en mettant des couches à son bébé. En HNI, il ne s’agit pas d’élever son enfant sans couches, mais bien de comprendre quand il veut éliminer afin de lui proposer de faire ses besoins ailleurs que sur lui-même…

Chez moi

J’ai personnellement laissé ma fille totalement sans couches aux alentours de 15 mois jusqu’à 18 mois environ, puis vers 20 mois jusqu’à ce qu’elle soit totalement continente, à 23 mois.

Halte aux préjugés

Encore une manière différente de la pratiquer, l’HNI sans couches n’est en réalité pas la manière la plus courante de procéder. Lorsque j’ai découvert l’HNI, je pensais que c’était synonyme de “sans couches”. La pratique est trop souvent décrite comme telle, effrayant au passage bon nombre de parents.

J’ai rencontré Elise, maman de deux enfants, dont Hector, 11 mois, avec lequel elle pratique l’HNI sans couches. Elle nous fait part de son témoignage, et Hector, l’honneur de poser pour nous, afin que nous ayons une idée de la manière dont sa maman s’organise dans la vie de tous les jours.

Mon expérience de l’HNI sans couches

“Je m’appelle Elise, j’ai deux enfants : ma grande Clémence a 5 ans et mon fils Hector est âgé de 11 mois.
Je pratique l’HNI avec Hector depuis ses 8 semaines. J’ai retiré progressivement les couches (jetables) et arrêté d’en utiliser totalement lorsqu’il avait 12 semaines.
HNI sans couches
Tenue d’intérieur – Photo Elise C.

 

Pourquoi pratiquer l’HNI?

Mauvaise expérience

J’ai eu un mauvaise expérience du change qui était très conflictuel avec ma grande. Dès ses 10 mois, le change était une bataille, il fallait la contraindre ou lui courir après. J’ai beaucoup réfléchi à cette problématique pour trouver des solutions positives et fini par conclure que le souci était peut être tout simplement le fait d’imposer des couches à mon bébé.

Prise de conscience

L’idée de pratiquer l’HNI m’a semblée logique en y réfléchissant, quoique ce soit très difficile à envisager concrètement, je me disais que ça ne pouvait pas être plus compliqué que ce que j’appréhendais tant avec ma fille. Cela me semblait également plus respectueux envers l’intégrité de mon enfant et sur un plan écologique, et aussi de consommation raisonnable.
Cela a fait son chemin, et mon mari comprenant ma démarche, je l’ai envisagé dès ma grossesse pour mon deuxième.

Débuts difficiles

J’ai lu “Sans couches c’est la liberté” qui a achevé de me convaincre. Mais l’aspect pratique restait flou et j’ai eu du mal à me lancer après la naissance d’Hector. Je ne voyais absolument pas comment m’y prendre. J’ai décidé de ne pas me prendre la tête et de laisser passer un peu de temps pour permettre à tous de prendre ses marques. Finalement, c’est grâce à mes amies que je me suis lancée, l’une d’elle m’a cousu un pantalon chinois en cadeau, l’autre m’a offert un petit pot et encouragée car elle se sentait elle même isolée dans sa démarche avec sa fille. Je leur suis infiniment reconnaissante d’avoir boosté ma confiance en moi et mon lâcher prise.
HNI sans couches
Pantalon chinois – Photo Elise C.

 

HNI sans couches
Pantalon chinois en laine – Photo Elise C.

Pourquoi pratiquer L’HNI sans couches ?

La suggestion

Je suis consciente que la plupart des gens qui pratiquent L’HNI utilisent des couches lavables. Je le constate sur les groupes que je fréquente sur les réseaux sociaux. Cependant j’ai choisi de ne pas utiliser de couches. Effectivement je trouve que c’est plus simple pour moi de m’adapter sans en utiliser, notamment pour proposer rapidement et facilement à mon bébé d’éliminer.

L’habillage

J’ai utilisé et j’utilise toujours 3 systèmes :
  • le pantalon chinois en coton ou en tricot en sortie
  • le lange tenu par une ceinture élastique pour la nuit et les jours compliqués (avec jambières pour la saison froide)
  • les fesses à l’air.

J’ai concrètement 5 pantalons chinois en coton et une salopette (marque iobio) et 2 pantalons tricotés par une amie, un d’hiver et un pantacourt d’été. Les pantalons sont en taille 12/18 mois et dès 3 mois ils allaient bien, roulés à la cheville et remontés sur la poitrine. Je dispose également d’une vingtaine de langes 70*70 achetés d’occasion, un ceinture Ecopitchoun et 2 ceintures de récupération (liens d’echarpes Jpmbb).

L’investissement de base est donc très réduit.

HNI sans couches
Lange tenu avec une ceinture – Photo Elise C.

 

HNI sans couches
Lange tenu par une ceinture – Photo Elise C.

 

L’HNI n’est pas une science exacte et il y a des jours sans. Je n’ai pas le Back up des couches mais ça ne me dérange pas. Je préfère faire des lessives de pantalons et de langes que de couches.
Depuis que mon fils est autonome dans ses déplacements, je lui mets parfois des culottes absorbantes quand j’ai besoin de me concentrer sur autre chose et qu’un accident serait malvenu (rendez-vous santé ou banque, par exemple…).

Les déplacements

En voiture, j’écarte simplement les pans du pantalon croisé et je glisse un insert de couches lavables entre ses fesses et le lock du siège auto. Je propose avant ou après le trajet, parfois je m’arrête pour proposer mais rarement. J’ai très rarement des accidents.

La nuit

La nuit je me réveille à moitié quand je le sens s’agiter et je lui change son lange sans vraiment me réveiller. Éventuellement je lui propose le pot en lui donnant le sein. Bébé dort à côté de moi sur une peau d’agneau et le lange mouillé ne mouille pas le lit. Je ne me mets pas la pression et ne me fixe pas d’objectif.”
HNI sans couches
Tenue de nuit – Photo Elise C.

 

HNI sans couches
Tenue de nuit – Photo Elise C.

Le regard des autres

L’avis d’Elise

En m’entretenant avec Elise, elle m’a confié que le plus difficile est de dépasser ses appréhensions, car en fait, les retours sont plutôt positifs. Et je la rejoins. J’ai été très gênée de proposer à ma fille d’aller aux toilettes lorsque j’étais hors de chez moi, et finalement, en grandissant et moi, en acquérant de l’expérience, j’ai été de plus en plus à l’aise.

Elle ajoute qu’il peut y avoir des réactions de surprise de la part de l’entourage, mais que la plupart du temps, les gens s’en fichent!

Lorsqu’on est dans une démarche de maternage proximal et que l’on est en face de personnes pour lesquelles quand il y a bébé, il y a couches, biberons et purée de carotte, évidemment, cela peut surprendre, voire déranger…

Mon avis

Je pense être plus tranquille dans la pratique avec mon fils qu’avec ma fille. L’avenir nous le dira…

Je suis totalement d’accord avec Elise lorsqu’elle dit qu’il est préférable pour elle de faire une lessive de langes et pantalons plutôt que de couches. Lorsque ma fille s’est mise debout pour acquérir la marche, j’ai cessé de lui mettre des couches lavables. J’ai pratiqué plusieurs petites périodes de HNI sans couches, pendant lesquelles les jambières étaient mouillées s’il y a avait un pipi échappé. Puis, elle a traversé une grève du pot, et quand, vers l’âge de 15 mois, je l’ai laissée totalement sans couches (je lui mettais un pantalon ou un legging sans culotte), là encore, s’il y avait un raté dans notre communication, tout se retrouvait trempé. Je ne voyais pas l’intérêt de lui mettre une culotte, même absorbante, car cela ne suffisait plus. Tout aurait du être lavé, alors pourquoi rajouter des couches, qui, de plus, l’aurait gênée?

Vous pouvez également voir Elise “en vrai” en cliquant ici. Elle apparaît dans le reportage de la maison des Maternelles sur l’HNI.

Et vous, êtes-vous tenté par l’HNI sans couches? Sinon, qu’est-ce qui vous freine? Merci pour vos partages d’expérience, dans les commentaires en bas d’article 🙂

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Je remercie chaleureusement Elise pour son retour d’expérience. Il m’a donné l’envie de pratiquer l’HNI sans couches (mais à temps partiel!) avec mon fils de 2 semaines.

 

Natacha

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2 commentaires sur “2”

  1. Salut Natacha,

    Merci d’avoir partagé ce témoignage,

    c’est très intéressant de “confronter” ses expériences à celles des autres et tellement rare de pouvoir le faire sur la pratique de l’hni

    comme tu le sais j’ai moi-même lu le livre de Ingrid Bauer mais on ne peut pas se limiter à l’expérience de l’une ou l’autre personne quand on cherche à acquérir des astuces pratiques!

    ma grande question concernant l’hni tourne toujours autour de la voiture… c’est l’endroit où j’ai encore le plus de mal de me passer de lange…

    Il est courant que je mette un lange à Estelle dans l’auto, que je l’enlève une fois arrivée chez mamy admettons et que je lui remette de nouveau juste pour la route.

    Je suis contente de découvrir cette astuce pour la voiture même si je ne suis pas fan des pantalons fendus et que je ne pense pas le faire ça enrichit mes “connaissances”.. sur le sujet…

    Je me dis souvent qu’il faudrait tout simplement que je mette une alèse dans la coque… juste pour le cas où… mais il y a des situations où le lange me paraît encore inévitable (quand je fais les courses) souvent ça dure trop longtemps… et là ben il n’y a pas de WC ni même un petit carré d’herbe sur le parking… et les précautions prises avec un arrêt à l’aller entre la maison et le magasin ne suffisent pas toujours…

    Je vais réfléchir à tout ça, j’y pense

    en tout cas malgré l’utilisation des couches en journée (à certains moments) pcq elle est très souvent sans lange aussi (bien que rarement une journée complète, j’ai encore un peu du mal à m’en affranchir totalement, je lui en mets souvent plus pour “le cas où”… ce n’est pas si simple d’être toujours dans l’écoute pour préparer à manger tout en la portant tout en faisant ci et cela… en fait c’est surtout dans les moments de “rush” de la journée que je lui mets un lange 😉 ) si tu vois ce que je veux dire? 😉
    même si je continue à l’écouter dans ces moments là, parfois je n’y suis plus
    quand j’ai par exemple l’éponge en main toute dégoulinante de savon vaisselle, ma louloutte dans les bras et ma tête qui me dit “tu dois appeler ta mère” ahah
    dans ces cas là un pipi loupé peut arriver plus facilement…….

    bon voilà, sinon pendant les moments plus calmes où on se promène, joue ou encore où je me contente de faire un travail ménager moins prenant que laver tout mon plan de travail alors là je ne lui mets pas de lange ou nettement moins souvent…

    quand elle mange aussi ça me paraît moins facile de m’en passer… je ne sais pas toujours dire si elle s’énerve parce qu’elle doit faire pipi ou parce qu’elle ne veut plus manger!!! c’est pas simple pour moi de me dire que je vais l’interrompre dans sa petite popotte, lui faire faire pipi et reprendre le cours du repas après … mais je devrais… et lange ou pas lange ça me parait compliqué pcq avec la dme (et peut-être même sans) On est toutes les deux pleine de nourriture.. estelle mange avec les doigts, et je ramasse avec les bien tout ce qui tombe sur son bavoir (et le miens lol je mets un tablier…) bref, à force je mange moi-même avec les doigts aussi…
    c’est tellement plus facile… juste pour dire faire une pause pipi alors qu’on a les mains toutes “sales” enfin, pleine de nourriture ce n’ets pas facile… le mieux est de manger après avoir fait pipi… mais ça ne se prête pas toujours comme ça… on ne fait pas pipi sur “commande” si facilement….

    malgré l’utilisation des langes à certains moments de la journée je vois tous les effets bénéfiques notamment la nuit puisque depuis qu’elle a 6 mois le lit reste sec toute la nuit… je ne l’emmène quasi plus faire pipi la nuit et tout se passe bien.

    (là où moi je dois me lever une à deux fois !!!) bon je bois plus le soir aussi c’est normal… mais bon elle aussi elle tète avant d’aller au lit… ^^

    souvent je la regarde la nuit et je me dis “comment elle tient le coup sans faire pipi??”
    moi je ne saurais pas. enfin ce n’est pas comparable

    l’hni la nuit c’est un peu dur au début mais quand je vois que les efforts sont récompensés après si peu de temps et de pratique ça en vaut vraiment le coup!!

    je n’en reviens toujours pas en fait (et je m’attriste un peu de cet étonnement, parce que c’est bien la preuve qu’on minimise d’une part les capacités de nos bébés et d’autre part qu’on nourrit des attentes envers eux) je me dis que je ne devrais pas me réjouir de tout cela, comme si ça ne devait pas être une course à la “propreté” et ça ne l’est pas… mais je me réjouis du fait que finalement un autre “monde” est possible…

    ça me paraît incroyable un bébé si jeune qui reste au sec toute la nuit… ça ne devrait pas… puisque pour elle c’est juste normal…

    je ne suis pas à l’aise avec ce que je ressens! je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire… bref.

    merci pour l’article!

    bonne journée

    bizz

    laurie

    1. Coucou Laurie 🙂
      et encore une fois, merci de ton commentaire!

      Moi aussi j’ai laissé ma fille sans couches même dans les périodes “avec couches”, sauf de ses 8 mois à 11 mois environ, où elle traversait une grève du pot, et où je n’arrivais plus à communiquer avec elle.
      Et j’ai toujours pratiqué à temps partiel. Plus on avançait dans l’expérience, moins on pratiquait à temps partiel : au début, seulement à la maison, hors temps de repos, puis pendant les siestes (la nuit, ça a toujours été chaotique, pour moi 🙂 ) puis, chez les autres, puis “dehors” (courses, rendez-vous…). Au début, pour chaque étape, avec couches, puis quand j’avais “validé” une étape, sans couches…

      Pour la voiture, il existe des peaux d’agneaux pour siège auto, que je n’ai jamais utilisée, j’en ai une pour le lit, seulement. Moi, le jour où j’ai laissé ma fille sans couches pour les sorties, j’ai mis, une ou deux fois seulement, un linge sous ses fesses dans le siège auto. Elle n’a fait qu’une seule fois pipi “par accident” 🙂
      Moi non plus je ne suis pas toujours sereine avec ce que je ressens mais mes sentiments évoluent et maintenant qu’elle est continente, je me dis que je suis très contente pour elle, et fière d’avoir pu lui apporter autre chose que ce qu’on m’a apporté en la matière 🙂
      Natacha

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